ANALYSE : selon le coordonnateur de Tournons la page-Burundi, le pouvoir du CNDD-FDD a peur que l’Eglise catholique du Burundi ne s’investisse davantage dans l’observation des élections comme ce fut le cas en RDC.

ANALYSE : selon le coordonnateur de Tournons la page-Burundi, le pouvoir du CNDD-FDD a peur que l’Eglise catholique du Burundi ne s’investisse davantage dans l’observation des élections comme ce fut le cas en RDC.

Selon Janvier Bigirimana, le récent discours de Pascal NYABENDA, président de l’Assemblée Nationale, à l’occasion de la célébration de la fête de l’Assomption, à Mugera, en province de Gitega est une preuve que le pouvoir de Gitega a peur de l’Église. C’est également une tentative d’obstruer par anticipation le rôle que pourraient jouer les églises dans l’observation du scrutin de 2020.

Le coordonnateur de Tournons la page-Burundi estime que le CNDD-FDD ne tolère pas des voix adverses, ce qui est une entorse grave à la démocratie et une source de tensions et déchirure du tissu social.

Une réaction qui intervient après le discours du président de la chambre basse du parlement Pascal NYABENDA. Ce dernier demande aux autorités ecclésiastiques de ne pas se mêler dans la politique burundaise. Selon lui, leurs enseignements devraient se limiter à la parole de Dieu.

Selon M. Bigirimana, le message du président de l’Assemblée Nationale apparaît comme une menace. Les exactions en cours risquent de s’amplifier dans les jours à venir. «C’est donc une expression de peur du rôle positif que les confessions religieuses sont susceptibles de jouer dans le monitoring et désapprobations d’une violence délibérée contre une partie de la population», estime-t-il.

À la veille du scrutin de 2020, le régime en place fait tout pour obstruer tout acteur qui chercherait à observer avec un œil critique la période électorale dans un contexte de restriction de l’espace médiatique et d’exil de plusieurs défenseurs des droits humains contraints à l’exil, trouve-t-il.

Le coordonnateur de Tournons la page-Burundi indique qu’une telle situation permet aux oppresseurs d’opérer à huis clos. Les propos du président de l’Assemblée nationale démontrent également que le pouvoir du CNDD-FDD a peur de l’Eglise catholique. Peur qu’elle ne s’investisse davantage afin de jouer un rôle primordial dans l’observation des élections comme ce fut le cas en République Démocratique du Congo lors des élections générales de 2018.

Par ailleurs, indique-t-il, les saintes écritures montrent qu’il n’y a aucun domaine de la vie des humains qui aurait échappé à ces écritures et que même l’organisation ou la gestion des affaires politiques de la cité font partie de la Bible, du Coran.

M. Bigirimana se félicite qu’à travers la crise politique majeure qui sévit au Burundi depuis 2015, l’Eglise catholique soit parmi les institutions qui ont toujours décrié le calvaire auquel les Burundais sont soumis.

«Il y a lieu plutôt d’encourager l’Eglise catholique et les autres confessions religieuses de continuer à jouer leur rôle social sans céder ni aux provocations, menaces ou ingérences du régime en place et contribuer à l’éclosion d’une société démocratique» ,souligne-t-il.

Les responsables d’Eglises qui croient jouer la neutralité face aux exactions commises devraient selon lui se rappeler constamment de cette belle citation de Martin Luther King : «ce qui m’effraie, ce n’est pas l’oppression des méchants, c’est l’indifférence des bons».

Previous Un « Imbonerakure Day » et des menaces
Next Mugina (Cibitoke) : un enfant albinos retrouvé démembré