L’Institut Egmont estime que le Burundi est au bord d’une crise socio-politique majeure

L’Institut Egmont estime que le Burundi est au bord d’une crise socio-politique majeure

Le Burundi pourrait à nouveau basculer vers une nouvelle vague de violences alors que le pays approche les élections. Selon le bulletin politique de l’Institut Egmont sur le Burundi, la répression de l’opposition, le retour forcé des réfugiés burundais depuis la Tanzanie en seraient les principales causes. (SOS Médias Burundi)

Les récents développements au Burundi dont la possibilité de l’éclatement du parti au pouvoir qui est pour le moment miné par des divisions internes, la répression de l’opposition et le retour forcé des réfugiés, sont  susceptibles de plonger le pays dans une crise sans précédent, suggère le bulletin politique de l’Institut Egmont.

Les gouvernements burundais et tanzanien ont signé un accord de rapatrier tous les réfugiés burundais se trouvant sur le sol tanzanien avant la fin de l’année 2019. Ce programme est en cours d’exécution depuis le début du mois d’octobre malgré des inquiétudes, de la communauté internationale, d’un rapatriement vers un pays où la sécurité ne s’est pas améliorée depuis leur départ pour l’exil en 2015 ou 16 pour la plupart, selon Madame Nina Wilén, Directrice de recherche à l’institut Egmont. De retour, ces mêmes réfugiés sont exposés à des violences perpétrées par des jeunes du CNDD-FDD, les Imbonerakure, avec la bénédiction de l’administration et des forces de l’ordre qu’ils tendent de plus en plus à remplacer sur terrain, ajoute le document.

Ce bulletin politique sur la situation au Burundi précise que ce groupe de jeunes du parti au pouvoir a toujours été utilisé dans la répression de toutes les personnes hostiles au régime et actuellement en menant des attaques contre les membres du nouveau parti politique, le CNL qui devient très populaire parmi la population, lit-on dans ce document. Ces jeunes avaient été appelés à la retenue par le secrétaire général du CNDD-FDD, un parti divisé par la question de succession du président Pierre Nkurunziza au pourvoir jusqu’en 2020.

«À sept mois des élections générales au Burundi, alors que la nouvelle Constitution de 2018 est muette sur la candidature du président actuel dans les élections prochaines, l’incertitude sur son possible retour après 2020 est dans tous les esprits. En plus, les origines divines du pouvoir de Nkurunziza selon lui et le changement de la devise du Burundi, « Unité,Travail, Progrès » en « Dieu, Roi, Pays » révèle des possibilités de l’ancien chef rebelle de rester au pouvoir à l’infini, ce qui va créer une opposition et des divisions internes au sein du parti présidentiel, une mauvaise augure pour le pays entier à l’approche des élections  non crédibles, indique l’Institut Egmont.

Les informations sur la situation du pays sont difficilement accessibles avec la suspension ou fermeture des organisations et les médias internationaux par Gitega. Celui-ci a également rompu ses relations avec ses anciens partenaires au développement dont l’EU et a tissé des liens avec la Russie et la Chine, a obligé le bureau du Haut Commissariat pour les Droits de l’Homme de fermer son bureau au Burundi alors que les efforts des amis du Burundi pour une solution négociée n’ont pas produit ses effets. 

Les diverses tentatives pour une solution pacifique à la crise burundaise ayant échoué , Nina Wélen indique que le Burundi est au bord d’une crise socio-politique majeure et lance un cris d’alarme. « Les acteurs extérieurs devraient donc réduire les attentes pour les prochaines élections et se concentrer sur le maintien des canaux d’influence existants et se préparer à l’assistance humanitaire,  » et ajoute que le Burundi ne doit pas être laissé et « tomber dans l’abîme ».

Previous Cibitoke: Probable distribution d'armes aux démobilisés et jeunes du parti au pouvoir
Next Musaga ( Bujumbura mairie) : une avenue en mauvais état menace tout un quartier