Kirundo : des rapatriés obligés d’intégrer le CNDD-FDD pour être réintégrés
Depuis le début de cette année, une dizaine de rapatriés anciens fonctionnaires de l’État ont pu réintégrer leur ancien travail. Toutefois, des témoins affirment que pour y arriver, ils sont confrontés à de difficiles conditions telles qu’accepter d’adhérer au parti au pouvoir le CNDD-FDD en plus d’accepter de verser de gros montants aux fonctionnaires en charge de traiter leur dossier au ministère qui a les finances dans ses attributions. Les récalcitrants disent être laissés à eux-mêmes. (SOS Médias Burundi)
La plupart de ceux qui ont déjà été réintégrés sont des enseignants. Ils ont été rapatriés du Rwanda et de la Tanzanie, selon des témoins. Toutefois, ils ont eu à faire face à des conditions dures. « D’abord, il leur a été obligé d’adhérer au parti CNDD-FDD comme condition incontournable. Pour ceux qui ont hésité ou affiché une certaine incompréhension, leurs dossiers n’ont pas dépassé le niveau de la province alors que les autres ont été acheminés à Bujumbura (capitale économique) », expliquent des sources proches des concernés.
Corruption
« En plus de la première condition, les bénéficiaires doivent accepter qu’une partie de leur salaire soit retenue à la source pour être versée à des fonctionnaires des ministères de la fonction publique et des finances qui traitent les dossiers », a confié à SOS Médias Burundi, une source bien informée.
D’anciens fonctionnaires qui n’ont pas répondu aux conditions exigées dénoncent « une injustice notoire et une mauvaise gouvernance » dans le traitement des dossiers et demandent à la justice de mener une enquête sur la pratique. « Nous sommes tous des enfants du pays. Que la réintégration soit progressive et transparente. Nous dénonçons la pratique de corruption et de forcing à adhérer au parti CNDD-FDD. Si on se sent à l’aise, on pourra le faire de notre gré. Que le président de la République en soit informé et qu’il donne des injonctions à la justice pour sanctionner ces pratiques de corruption qui ternissent l’image du pays encore une fois », ont insisté d’anciens fonctionnaires rapatriés.
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Photo : la province de Kirundo
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