Adeptes de Bisinde : Human Rights Watch préoccupée


Le groupe chassé par les autorités congolaises le 18 mars dernier vient de passer la semaine dans un centre de transit à Makombe (zone de Gatete). L’organisation Human Rights Whatch a des craines quant à leur sécurité. (SOS Médias Burundi)

D’après nos sources, les religieux manquent de presque de tout. Jeudi soir, ils ont refusé de manger pour protester contre l’insuffisance des rations.

Le gouvernement burundais les soupçonnent d’avoir été infiltrés par des rebelles. L’organisation Human Rights Watch a documenté des abus contre le groupe religieux que certains considèrent comme une secte. Et particulièrement des cas de tueries en mars 2013, à Businde (province de Kayanza, au nord du Burundi). La police avait alors tiré à balles réelles, tuant au moins neuf personnes.

Dans le contexte actuel au Burundi, ils sont en danger. Nous craignons que ces abus reprennent alors que les élections approchent.

Lewis Mudge, directeur de Human Rights Watch pour l’Afrique Centrale
Des adeptes de la prophétesse Zebiya Ngendakumana à leur arrivée à la frontière de Kavimvira le 18 mars 2020
Des adeptes de la prophétesse Zebiya Ngendakumana à leur arrivée à la frontière de Kavimvira le 18 mars 2020

L’organisation des droits humains exprime sa préoccupation. Après les propos – dans les médias – de Nestor Bimenyimana, le directeur général du rapatriement. Il est prévu de tenir « une formation patriotique » pour les adeptes alors qu’ils sont en quarantaine, a-t-il soutenu..

Placer des gens en quarantaine pour des raisons médicales ne devrait pas être confondu avec une détention ou une formation quelconque surtout à l’encontre de leurs croyances.

M. Mudge

D’après des témoins, la Croix Rouge a été autorisée à se rendre auprès des adeptes. Elle a effectué une distribution de savons, de désinfectants et installé un dispositif de prévention contre le coronavirus.

Depuis 2015, plusieurs milliers de membres du groupe religieux ont trouvé refuge en RDC. Quant à leur prophétesse, Zebiya Ngendakumana, elle est recherchée par la justice depuis 2014 pour incitation à la désobéissance civile.