Nakivale (Ouganda) : des femmes accouchent chez elles


Chez les réfugiés burundais de Nakivale, les mesures de confinement pour lutter contre le Covid-19 ont des conséquences sévères. Avec l’absence de transport, des femmes sont contraintes d’accoucher à la maison. Ce qui n’est pas sans poser des problème de santé pour la mère et le nouveau né. (SOS Médias Burundi)

Quand la date d’accouchement arrive, les futures mamans n’on rien à leur disposition pour se rendre au centre de santé.

En une seule semaine, j’ai compté plus de dix femmes enceintes ayant accouché à leur domicile. Et je suis sûr qu’il y en a d’autres. Avant, il y avait des taxis moto ou taxis voiture, mais ils ont arrêté le travail à cause du Covid-19.

Un agent volontaire d’une agence humanitaire

Risque de mortalité infantile

« Nous enregistrons des morts-nés, des nourrissons avec des complications respiratoires, des femmes qui attrapent des maladies et d’autres qui meurent en couche à cause des mauvaises conditions et du manque d’équipements appropriés » témoignent des Burundais de Nakivale.

Au début du confinement, l’administration du camp avait recommandé aux agences humanitaires de disposer de véhicules-ambulances pour intervenir. « Les véhicules ne servent qu’à transporter les agents humanitaires », observent des réfugiés. Et de dénoncer : « Ils ne se soucient pas de nous. Le peu d’ambulances qu’il y a n’est pas à notre disposition. Alors que des fonds sont débloqués pour être utilisées sur les urgences”.

Les centres de santé du camp rencontrent des difficultés d’approvisionnement en médicaments et autres petits équipements. Les femmes enceintes sont tenues de se munir d’un kit.

Il s’agit de seringues, de bistouris, de pansements, de gants, le matériel nécessaire à l’accouchement.

Un volontaire médical burundais

Les représentants des réfugiés Burundais demandent au HCR (Haut Commissariat aux Réfugiés) ainsi qu’aux agences de santé de s’impliquer davantage pour changer la situation.

Erigé sur une superficie de plus de 180 km2, le camp de Nakivale compte plus 105.000 réfugiés de cinq nationalités. Plus de 40.000 d’entre eux sont des Burundais. Nakivale dispose de quatre centres de santé, tous gérés par le HCR.