Nduta (Tanzanie) : des religieux appellent au retour des réfugiés burundais


Une pancarte de la zone C du camp de Nduta

Des pasteurs de l’église protestante dénommée “ESEBU Freedom” prêchent le retour des réfugiés. Ces hommes d’église affirment qu’ils ont reçu des “révélations” que tous les réfugiés burundais doivent regagner le bercail avant les élections du 20 mai prochain. Une partie des fidèles se sont déjà inscrits sur les listes des retours volontaires. (SOS Médias Burundi)

Tout commence en septembre dernier, en cachette.

Des témoins affirment que des pasteurs et leaders de l’église “ESEBU Freedom” fondée essentiellement par des réfugiés originaires du sud du Burundi, prêchaient le retour volontaire des réfugiés.

“Avant on ne savait pas exactement ce que ces hommes d’église voulaient réellement. En public ils ne pouvaient pas le dire, mais en cachette ils conseillaient aux gens de rentrer. Ils se cachent derrière l’évangélisation de ménage en ménage pour sensibiliser les gens” racontent certains réfugiés.

Révélations graves et importantes sur le Burundi

Ces derniers temps, ces pasteurs de l’église « ESEBU Freedom » ont indiqué qu’ils ont eu des révélations sur le Burundi. Beaucoup de gens ici se sont rendus dans cette église pour les écouter et c’est là que tout a été dévoilé. « Ils ont dit que leur Dieu leur a révélé que celui qui ne va pas rentrer au pays aura des problèmes dans sa vie et que le Burundi va connaître un développement et une prospérité qu’il n’a jamais connus”, disent des fidèles.

Une partie des fidèles de cette église a récemment pris la décision de rentrer pour “échapper à ces malheurs”. L’embarquement a eu lieu jeudi dernier, selon nos sources.

Une grande partie des dissidents qui ne veulent pas entendre de ces enseignements a alors claqué la porte et fondé une autre église dénommée “ESEBU New Life”.

À Nduta, il y a plusieurs autres évangélistes qui, individuellement propagent le même message clandestinement, selon des sources locales.
“ Quelque chose doit se cacher derrière de tels enseignements. Sans doute que le régime burundais a recruté des hommes de Dieu pour l’aider dans sa manigance de nous faire rentrer par force en complicité avec la Tanzanie. Pour le moment, la plupart de réfugiés ne vont plus à la messe le dimanche afin d’éviter ce genre de prédication”, témoignent des chrétiens.

Ils demandent au HCR et à la Tanzanie de bien contrôler les églises qui sont implantées à l’intérieur du camp de peur qu’elles ne déroutent les réfugiés.