Mort de Pierre Nkurunziza : les réactions à Bujumbura


Aussitôt après la confirmation de la mort du président burundais, notre reporter est allé à la rencontre des habitants de la capitale économique. (SOS Médias Burundi)

« Il n’y a pas de sentiment de panique chez eux », selon lui. Mais le gros des citadins s’est empressé de rentrer, a-t-il constaté.

Dans le centre ville peu avant 19 heures, les rues se sont vidées rapidement. Les habitants n’ont pas manifesté de craintes particulières. Aucun mouvement supplémentaire de la police ou de l’armée n’a été observé.

Toutefois, les files d’attente dans les deux parkings de bus de la ville ont été conséquentes, ce qui a aussi entraîné un embouteillage sur les principales avenues comme la Chaussée Prince Louis Rwagasore.

Une vie presque normale

Dans les quartiers, la vie se déroule presque normalement. Les bistrots sont restés ouverts et les clients étanchent leur soif comme si de rien n’était.

Ce qui étonne le plus, raconte notre reporter, « c’est que les drapeaux ne sont pas tous en berne, alors qu’un deuil de 7 jours a été décrété ».

Ce soir, la circulation dans Bujumbura n’est pas aussi intense que d’accoutumée.

« In mémorial »

La disparition de Pierre Nkurunziza alimente toutes les conversations.

« Je pense qu’il a eu le temps de se remettre à Dieu. Je lui souhaite une vie éternelle », murmure un jeune homme.

Une jeune commerçante spécialisée dans les légumes tonne : « Son comportement n’augurait rien de bon. Se moquer du monde entier frappé par le Coronavirus, et parler de Dieu à tord et à travers… Que Dieu l’accueille quand-même. J’ai deux enfants, et je n’ai pas payé les frais d’accouchement, il aura fait des choses malgré tout ! ».

Chants religieux

La télévision nationale (RTNB) et la Rema TV (pro pouvoir) diffusent depuis la fin de l’après-midi des chants religieux, ponctués de communiqués d’hommage. Tous lus par Prosper Ntahorwamiye, le porte-parole du gouvernement.

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Photo : Pierre Nkurunziza et son épouse Denise Bucumi en marge de l’enterrement de l’ancien président Jean Baptiste Bagaza, le 17 mai 2016.