Muyinga – Covid-19 : situation inquiétante à l’hôpital


Plusieurs personnes avec des symptômes du Coronavirus ont été admis à l’hôpital de Muyinga (Nord-Est Burundi). Les soignants parlent d’un risque de contagion en l’absence de moyens pour diagnostiquer et de traiter les malades. (SOS Medias Burundi)

D’après nos informations, les premiers cas de Covid-19 supposés se sont présentés, il y a une semaine. Depuis, le personnel de l’hôpital est tenu de porter des masques.

L’ombre du Coronavirus plane ici. On essaie de traiter les symptômes. Seulement, notre laboratoire ne dispose pas de matériel pour travailler sérieusement. Nous n’avons pas de réactifs. Et on devrait au-moins accepter de transférer les cas suspects sur Bujumbura.

Un infirmier

Peur

Du personnel soignant aux agents de sécurité, tous affirment qu’ils travaillent la peur au ventre. Même si les mesures de prévention ont été renforcées dès l’entrée de l’hôpital.

Chaque visiteur doit se laver les mains, l’équipe de gardiennage y veille. À l’intérieur, les infirmiers portent des masques. Mais cela ne suffit pas. Les responsables sanitaires minimisent la situation.

Des infirmiers

Malades non isolés

Les malades présentant des symptômes ne sont pas isolés, décrit-on. Les gardes malades circulent sans protection. Ce qui pourrait, selon certains infirmiers, faciliter la propagation du virus.

Automédication

Les médecins et infirmiers sont démunis face à des patients qui toussent et peinent à respirer. Ils pensent toutefois qu’il s’agit d’une tuberculose. Ce qui ne rassure pas les intéressés et les proches.

Nous avons choisi d’acheter des médicaments en parallèle de la prise en charge à l’hôpital. Nous faisons tout pour qu’il s’en sorte.

Un proche de patient

Effectivement, les pharmaciens n’hésitent pas à vendre une combinaison de trois médicaments, observe-t-on localement. Mais sans prescription médicale, déplore un médecin rencontré.

Les professionnels de santé à Muyinga alertent sur « le risque d’une propagation massive du virus dans la province ». Ils réclament à leur ministère de tutelle des moyens pour tester les personnes présentant des signes de la maladie.