Burundi- réfugiés : le mouvement d’actions patriotiques demande au HCR de contraindre la Tanzanie à surseoir au rapatriement sans consentement


Le mouvement d’actions patriotiques MAP-Burundi a adressé une lettre au haut commissaire des Nations-Unies pour les réfugiés. Soucieux de la pression que subit les réfugiés burundais en Tanzanie, il rappelle que le choix de rentrer appartient aux réfugiés eux-mêmes. La semaine dernière, un haut cadre du ministère en charge des réfugiés a visité trois camps hébergeant des Burundais pour leur demander de retourner dans leur pays. (SOS Médias Burundi)

Prenant référence aux textes et lois dont les Nations-Unies sont garantes, MAP-Burundi rappelle que conformément à la Convention de Genève de 1951, aucun réfugié ne peut être expulsé du pays d’accueil contre son gré. Au cas où les raisons qui ont conduit ces personnes à fuir leur pays d’origine n’existent plus, elles apprécieront la situation et prendront des décisions qui assurent leur sécurité et leur rapatriement et réintégration. Le mouvement demander au HCR d’exiger à la Tanzanie de ne pas contraindre les réfugiés burundais de rentrer.

Selon MAP-Burundi, les réfugiés suivent avec une grande attention, les orientations politiques du nouveau pouvoir, qui ne rassurent pas, étant donné que le système qui les a conduit à l’exil est toujours en place, y compris les personnalités « qui ont coordonné les massacres, les viols de femmes et jeunes filles, les tortures et autres violations des droits de l’homme depuis le début de la crise de 2015 ».

Le mouvement affirme que « le seul moyen de persuader les réfugiés de rentrer est de s’attaquer aux problèmes systémiques des droits humains au Burundi et de demander des comptes à ceux qui ont commis les graves abus qui ont poussé ces réfugiés à fuir le pays».

Le directeur général en charge des réfugiés au ministère tanzanien de l’intérieur a visité les trois camps de réfugiés burundais à savoir Nduta ,Mtendeli et Nyarugusu la semaine dernière pour leur demander de « rentrer sous le nouveau régime ».
Lors de sa prestation de serment et en marge de la célébration du 58ème anniversaire de l’indépendance du Burundi, le président Évariste Ndayishimiye a appelé les réfugiés burundais à  » rentrer dans leur pays ».

Eduard Ogolla, un porte parole du HCR en Tanzanie a indiqué à Associated Press que « nous nous attendons à ce qu’il aura des appels au rapatriement de réfugiés de la part des hauts officiels des gouvernements du Burundi et de la Tanzanie, « tout en précisant que la position du HCR reste la même : tous les retours doivent être volontaires et le résultat d’un choix libre de réfugiés ».

Selon le HCR, 85.396 réfugiés burundais ont été rapatriés de la Tanzanie depuis 2017.

Aujourd’hui, ce pays qui accueille le plus grand nombre de réfugiés burundais héberge encore plus de 164.000 d’entre eux regroupés dans trois camps basés à l’ouest du pays.

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Photo: rapatriement des réfugiés burundais de la Tanzanie