Mtendeli (Tanzanie) : six réfugiés burundais enlevés


Ils ont été enlevés par un groupe d’hommes armés dont certains en tenue de la police tanzanienne. Le fait a eu lieu à l’intérieur du camp à 2h du matin. Les proches des kidnappées sont allés les chercher à la police qui a nié avoir arrêté des gens cette nuit. Ils craignent pour leur sécurité. (SOS Médias Burundi)

Des réfugiés burundais a Mtendeli indiquent avoir été réveillés par des cris de détresse dans la nuit de mercredi à jeudi.

« Des hommes armés se sont introduits dans plusieurs villages et ont procédé aux enlèvements des gens. Nos compatriotes qui l’ont remarqué ont crié au secours et nous nous sommes réveillés. Certains des kidnappeurs étaient habillés en tenue policière tanzanienne. Ils ont embarqué au moins six réfugiés burundais à bord d’un véhicule et sont vite repartis », racontent des réfugiés.

Les victimes ont été identifiées. Il s’agit de cinq hommes et une femme dont Anaclet Nkunzimana, Félix Cimpaye et Radjabu Ndayizeye de la Zone E. Le premier fut chef de la zone 9 dans le camp.
Les autres sont Saïdi Rwasa de la zone C, un cinquantenaire surnommé Sokuru de la zone 5 et Révocate Ndayishimiye de la zone D.

Leurs proches disent que lors de l’enlèvement, les auteurs ont menacé les leurs de les tuer s’ils crient au secours.

Des représentants de réfugiés et les familles des concernés se sont rendus au poste de police où des réfugiés sont normalement détenus pour voir s’ils y ont été emmenés mais ne les ont pas vus, selon nos reporters à Mtendeli.

“Aucune personne n’a été arrêtée cette nuit par des éléments de la police. Allez les chercher ailleurs, en tout cas, pas ici dans nos cachots”, leur a rétorqué le chef de poste.

Les réfugiés n’ont pas été convaincus de la réponse de la police. Ils dénoncent plutôt sa complicité.

“Nous avons vu des gens en tenue policière parmi ces kidnappeurs. Certains d’entre eux sont connus ici dans les patrouilles de nuit même si nous ne pouvons pas connaitre leurs noms. Et d’ailleurs, ils sont venus à bord d’un véhicule, et la seule façon d’accéder au camp par véhicule est de passer par l’entrée principale qui est en même temps gardée par la police et des civils gardiens de la paix. Que la police nous rende nos personnes, où qu’elle nous dise où elles sont détenues”, ont-ils insisté devant le poste de police.

Parmi les personnes enlevées figurent des commerçants et des employés des agences humanitaires. Il y a également des intellectuels connus pour leur franc parler dans des réunions, selon leurs compatriotes.

Jusqu’à ce jour, 97 réfugiés burundais sur 176 enlevés en l’espace d’une année n’ont pas encore été retrouvés,selon une coalition de défense des droits de réfugiés.