Mtendeli (Tanzanie): un réfugié burundais porté disparu


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Il s’agit de Donatien Ndayisaba, un jeune Imbonerakure du parti au pouvoir, le CNDD-FDD. Il a été porté disparu depuis la semaine dernière. Sa famille affirme l’avoir cherché dans tous les cachots officiels de la police, en vain. Il est introuvable depuis la semaine dernière. Les défenseurs des droits des réfugiés disent être préoccupés par ce qu’ils qualifient de “traitement inhumain” de réfugiés burundais en Tanzanie. (SOS Médias Burundi)

Selon sa famille, M. Ndayisaba était à l’intérieur du camp en train de partager un verre avec un policier tanzanien avant de disparaître.

« Il était avec un policier dans une buvette à l’intérieur du camp. Ils sont sortis ensemble et il n’est jamais rentré. Son téléphone est injoignable depuis ce jour », ont confié à SOS Médias Burundi des membres de sa famille.

Selon nos sources, ce jeune qui travaillait pour Plan International, une ONG qui s’occupe du bien être des enfants dans le camp de Mtendeli était aussi connu pour son activisme à sensibiliser les réfugiés burundais pour rentrer. Il était également considéré comme un Imbonerakure, d’après des réfugiés contactés.

Sa famille affirme l’avoir cherché dans tous les cachots, en vain. La police quant à elle a nié avoir arrêté ce jeune.

Ses proches demandent au HCR et à la Tanzanie de les aider à le retrouver. La coalition burundaise des défenseurs des droits humains vivant dans les camps de réfugiés (CBDH/VICAR) dénonce ce qu’elle appelle “complicité entre le pays d’accueil avec les autorités burundaises pour malmener les réfugiés burundais dans les camps en Tanzanie ».

“Des réfugiés ont été tués, d’autres ont subi et continuent de subir des emprisonnements arbitraires et des tortures. En une année seulement, plus de 170 réfugiés burundais ont été enlevés en Tanzanie. Plus 90 restent introuvables à ce jour”, a détaillé Léopold Sharangabo, vice-président de la coalition.

Il appelle au gouvernement tanzanien de respecter les droits et conventions relatifs à la protection des réfugiés qu’il a ratifiés.

Cette coalition a récemment envoyé une correspondance à la Tanzanie, au HCR, à l’Office du Haut Commissariat des droits de l’homme, à la commission onusienne d’enquête sur le Burundi et à l’Union Africaine.
Elle leur demande de faire respecter les droits des réfugiés en Tanzanie.

Le camp de Mtendeli abrite plus de 30.000 réfugiés burundais qui ont fui en 2015 suite à une crise due à un autre mandat controversé de feu président Pierre Nkurunziza.