Gitega : plusieurs réfugiés Banyamulenge expulsés de la ville de Gitega


La police a mené une fouille ce mercredi dans les quartiers de Nyamugari, Mushasha, Nyabisindu et Karera , dans la capitale politique Gitega. 64 individus, tous des réfugiés congolais de la communauté Banyamulenge ont été interpellés. Accusés de vivre irrégulièrement en dehors du camp d’accueil de Bwagiriza en province de Ruyigi (est du Burundi), ils ont été sommés d’y retourner après avoir été retenus pendant une nuit dans les cachots du commissariat provincial de la police. Ce jeudi, la police les a embarqués de nouveau vers Bwagiriza. (SOS Médias Burundi)

La fouille était plus rigoureuse et sélective. Elle ne visait que des Banyamulenge, selon des témoins.

« Des policiers ont investi les quartiers où vivent surtout des étudiants et élèves, identifiés comme parlant Kinyarwanda. Ils faisaient parler des jeunes après avoir contemplé leur posture. Quand ils entendaient un accent rwandais, on se faisait arrêter », ont raconté à SOS Médias Burundi des témoins oculaires qui affirment que la plupart des interpellés sont des étudiants.

Le porte-parole du ministère en charge de la sécurité a expliqué que l’opération a été menée pour question de sécurité.

« Bien que certains avaient des billets de sortie, d’autres munis de carte d’élèves et de réfugiés, ils sont tous en situation irrégulière et doivent être acheminés au camp de réfugiés des Banyamulenge situé à Bwagiriza dans la province de Ruyigi », a indiqué Pierre Nkurikiye dans un point de presse après avoir montré à la presse locale les 64 personnes chassées de la capitale politique ce jeudi.

Et de préciser, « Cette décision de chasser des Banyamulenge dans la ville de Gitega a été prise pour des raisons de sécurité. Nous demandons à tout citoyen burundais de signaler aux autorités administrative et policière chaque fois qu’ils rencontrent une personne qui parle Kinyarwanda. Les criminels qui perturbent la sécurité au Burundi proviennent du Rwanda ».

M. Nkurikiye a également mis en garde toute personne qui tenterait de loger les étrangers sans avoir signalé les responsables administratif et policier.

Selon des informations à la disposition de notre rédaction, une vingtaine des interpellés sont des élèves du secondaire inscrits dans différents établissements de la ville de Gitega dont deux sont des sourds -muets.

Des membres de la communauté Banyamulenge disent avoir été traumatisés par des propos de haine politico-ethnique lancés par des policiers durant la fouille.
Le Burundi compte cinq camps de réfugiés congolais. Ils sont installés sur les provinces de Ruyigi et Cankuzo( est), Muyinga et Ngozi ( nord-est).

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Photo : Pierre Nkurikiye, porte parole du ministère ayant en charge la sécurité au milieu des 64 Banyamulenge expulsés de Gitega