Gitega: le phénomène des enfants de la rue persiste


Une centaine d’enfants se font remarquer dans les rues de la ville de Gitega, la capitale politique du Burundi. Âgés de moins de 15 ans, la plupart avaient été réintégrés dans leur famille avant de retourner dans la rue. Ils sont originaires pour la plupart des provinces de Karusi (centre-est) et de Gitega. Ces enfants disent fuir la misère qui gangrène leur famille. Des associations locales en charge du bien être de l’enfant comptent les réintégrer de nouveau dans leur ménage. (SOS Médias Burundi)

Ils se déplacent en petits groupes de 3 à 5, et sont visibles presque partout dans la ville.

Selon des habitants, le nombres de ces enfants est difficile à maîtriser.

« Chaque jour, il y a de nouveaux enfants qui arrivent. Certains viennent à bord des camions de transport de marchandises en provenance de la Tanzanie. Ils parviennent à tromper la vigilance des chauffeurs et s’y accrochent. Ils vivent pratiquement de la mendicité. Ils passent la journée à quémander devant des magasins et restaurants. Ils passent la nuit à la belle étoile et dorment dans les rues », témoignent-ils.

Des enfants qui se sont confiés à SOS Médias Burundi affirment avoir fui la pauvreté extrême qui touche leur famille. C’est le cas d’Élie Hakizimana, 8 ans.
Ce garçon originaire de la province de Karusi est orphelin de père et de mère.

« Je n’ai pas de parents. J’ai abandonné l’école et n’ai personne pour m’aider. C’est pourquoi j’ai décidé de venir ici dans la ville », raconte-t-il avant de confier qu’il est prêt à retourner à l’école s’il a les moyens.

Vianney Ntakarutimana, 15 ans, dit aussi s’être retrouvé dans la rue suite à la misère de sa famille même si ses parents sont encore en vie. Il avoue qu’il n’a pas d’autre solution pour gagner la vie que mendier.

Selon Monseigneur Jean Marie Harushimana, responsable de l’initiative pastorale pour la réintégration des enfants en difficulté (IPRED ), un centre qui prend en charge les enfants vulnérables, ces derniers reçoivent une aide médicale et en alimentation, mais de façon ponctuelle.

Le centre de développement familial et communautaire ( CDF ) quant à lui s’occupe de la réintegration des enfants en situation de rue dans leur famille.

Au cours de ces deux dernières années, au-moins 178 enfants sont retournés chez eux. Plus de 73 ont repris l’école, selon la directrice du centre à Gitega, Emma Nkeshimana.

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Photo: des enfants en situation de rue dans une rue du centre-ville de la capitale politique Gitega