Bubanza: disparition de quatre jeunes gens arrêtés par la police


Les quatre jeunes hommes ont été interpellés par le responsable de la police dans la province de Bubanza (ouest du Burundi) au début de ce mois d’octobre. Il les a appréhendés sur la colline de Gatura. C’est en commune de Bubanza. Soupçonnés d’appartenir à des groupes armés, ils ont été tabassés par sa garde avant d’être conduits dans un lieu tenu secret. Des habitants pensent qu’ils ont été tués et enterrés dans la localité. Ils demandent une enquête pour que leur sort soit connu. (SOS Médias Burundi)

Les quatre individus venaient d’arriver de la RDC (République Démocratique du Congo), selon nos sources.

« Ils sont arrivés très tôt à un parking commun pour les personnes qui font le trajet Gihanga-Mpanda et vice-versa. Tous avaient des sacs à dos. Ils ont dit aux motards qu’ils voulaient se rendre à une paroisse d’une église locale de Gatura, mais qu’ils ne connaissaient pas bien l’endroit, ni la route qui y mène », racontent des conducteurs de taxis moto.

Et d’ajouter, « des Imbonerakure parmi nous les ont suspectés et ont passé le message au commissaire provincial. Ce dernier s’est déguisé en tenue civile et est allé les attendre au point d’arrivée avec ses gardes de corps »

D’après des témoins, les quatre jeunes hommes ont été arrêtés à leur arrivée.

« Le commissaire leur a demandé de décliner leur identité. Un d’entre eux l’a giflé arguant qu’un civil ne peut point leur demander qui ils sont. Alors, des policiers qui assurent sa sécurité et qui s’étaient cachés dans des maisons sont sortis. Ils les ont tabassés avant de les embarquer dans le véhicule du commissaire provincial. Depuis, on n’a plus entendu parler d’eux », disent des gens qui ont assisté à la scène d’interpellation.

SOS Médias Burundi a cherché d’en savoir plus et demandé s’ils se trouveraient dans des cachots communaux ou de la police à Bubanza, aucune trace.

La route empruntée est connue pour être utilisée par des membres de groupes armés en provenance de la RDC rapportés dans la région depuis 2019.

Des habitants craignent que les interpelés aient été tués et enterrés dans un lieu caché de la localité.
Ils demandent à la police et aux autorités provinciales de communiquer leur sort.