Burundi-Rwanda : le Rwanda ne déportera pas des réfugiés burundais poursuivis pour putsch

Burundi-Rwanda : le Rwanda ne déportera pas des réfugiés burundais poursuivis pour putsch

Selon “The East African”, le Journal sous-régional basé à Nairobi au Kenya, le Rwanda a réitéré son refus d’expulser des individus soupçonnés d’avoir orchestré le complot de coup d’État de 2015 contre l’ancien président burundais feu Pierre Nkurunziza. Kigali explique que ces gens sont des réfugiés régis et protégés par des lois et conventions internationales des Nations Unies. (SOS Médias Burundi)

À en croire “The East African”, le Burundi a remis une liste de noms d’individus au Rwanda qu’il souhaite que son voisin du Nord expulse, comme condition sine-qua-non pour améliorer les relations entre les deux pays.
Toutefois, le Rwanda a insisté sur le fait que ces individus sont considérés comme des réfugiés qui doivent être protégés contre l’expulsion par les lois internationales.

Les deux pays n’ont pas officiellement divulgué les noms qui se trouvent sur la liste. “Certains des prétendus comploteurs du coup d’État sont connus au Rwanda en tant que réfugiés, et nous sommes liés par des normes internationales en matière de traitement des réfugiés. Le Rwanda ne peut donc pas les rendre. Nous violerions le droit international”, a déclaré Manasseh Nshuti, ministre d’État rwandais chargé des affaires de l’EAC (Est African Community), à « The East African ».

Et d’ajouter : “Je pense donc que le Burundi ne devrait pas utiliser ce prétexte des réfugiés. Ils ont aussi nos réfugiés mais nous ne leur demandons pas de les faire revenir. Aucun gouvernement ne devrait être en mesure de faire cela, à moins que la personne ne soit pas un réfugié mais plutôt un criminel”, a-t-il dit dans les colonnes du Journal basé à Nairobi.

L’affaire concerne le coup d’État manqué de mai 2015 contre l’ancien président Pierre Nkurunziza décédé le 8 juin 2020.

Au printemps 2015, un groupe de hauts gradés de l’armée et de la police dirigé par l’ex chef d’état-major et patron des renseignements, le général Godefroid Niyombare a tenté de le renverser, en vain.

Le Burundi a alors dressé des mandats d’arrêt internationaux contre plusieurs individus dont certains ont fui vers les pays voisins, principalement au Rwanda.

Ce dernier envisage les envoyer dans un pays tiers au lieu de les déporter, une position qui ne plaît pas bien au gouvernement burundais. “Ce que nous voulons faire, c’est les livrer à pays tiers où ils pourront s’installer loin du Burundi. Mais même sans cela, les individus ne constituent pas une menace pour le Burundi. Ils n’utilisent pas le Rwanda comme base-arrière pour attaquer le Burundi” a insisté M. Nshuti.

À maintes reprises, les autorités burundaises ont déclaré qu’elles continueront de demander à la communauté internationale de faire pression sur le Rwanda pour qu’il expulse ceux qu’elles considèrent comme des putschistes. “Les crimes ont été commis au Burundi, contre des Burundais, donc l’organe judiciaire burundais devrait s’en occuper… Donc, nous appelons à ce que la communauté internationale fasse pression sur le Rwanda pour qu’il lâche ces criminels afin qu’ils soient jugés au Burundi”, a indiqué le porte-parole de la présidence burundaise, Jean Claude Karerwa, lors d’une conférence de presse en novembre dernier.

Le Burundi a rejeté la notion de “pays tiers”, notant qu’aucun autre pays n’est nécessaire dans les affaires du Rwanda et du Burundi, c’était après une visite de l’envoyé spécial du secrétaire général des Nations Unies à la présidence du Burundi en novembre dernier.

_________

Photo : vue du camp de Mahama

Previous Burambi : assassinat d'un élu local
Next Mbuye : un enseignant sauvagement tué