Nyanza-Lac : la CNTB suspend ses décisions

Nyanza-Lac : la CNTB suspend ses décisions

Après une période de contestation musclée des résidents (habitants qui n’ont jamais fui le pays lors de différentes crises) contre l’expropriation en faveur des rapatriés, la commission nationale des terres et autres biens (CNTB) a finalement annulé la plupart de ses décisions en commune de Nyanza-Lac, de la province de Makamba (sud du Burundi). Les dossiers contenant des failles seront réexaminés. (SOS Médias Burundi)

Le porte-parole de la CNTB l’a annoncé lors d’une réunion conjointe avec des autorités de l’administration, de la police ainsi que des responsables judiciaires au chef-lieu de la commune, dernièrement. Plusieurs familles se sont opposées à l’exécution des décisions rendues par la CNTB ces derniers mois visant à les exproprier en faveur des rapatriés. Elles affirment que la commission s’est rendue complice en se basant sur des documents présentés par des rapatriés, sans vérification de leur authenticité. « Ils cherchent des faux documents et collaborent avec certains membres de la commission pour revoir les décisions prises par les commissions précédentes qui avaient tranché pour le partage. La nouvelle équipe nous exproprie parce que certains de ses membres ont été corrompus », ont confié à SOS Médias Burundi des résidents de Nyanza-Lac.

Des sources sur place font état des rapatriés ayant obtenu gain de cause sur plusieurs collines où ils n’ont jamais vécu avant de fuir. « Comment est-ce qu’une famille peut avoir plus de 30 propriétés sur différentes collines? Par ailleurs, certaines autorités locales corrompues nous ont plusieurs fois caché les convocations pour que la commission siège en notre absence », ont réagi des résidents en colère.

Dieudonné Mbonimpa, porte-parole de la commission a annoncé que certaines décisions étaient suspendues. Selon lui, plusieurs irrégularités ont été observées dans le traitement de certains dossiers. Il a notamment évoqué la découverte des faux documents après la prise de décision. M. Mbonimpa a mis en garde des individus qui seront attrapés avec de faux documents. « Ils seront punis conformément à la loi »,a-t-il menacé.

Des résidents des autres communes qui ont le même problème demandent eux aussi la révision de leurs affaires. La CNTB est l’un des mécanismes prévus par l’accord d’Arusha. Des opposants et activistes reprochent au pouvoir en place de n’avoir pas créé le fonds spécial qui avait été convenu pour indemniser « les acquéreurs de bonne foi ». Ce sont des personnes qui ont acheté des terres ou maisons qui avaient été réquisitionnées par l’État ou des particuliers au moment où les propriétaires avaient fui le pays. Dans la plupart des cas, les rapatriés sont des Hutus rentrés principalement de la Tanzanie et les résidents sont des Tutsis.

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