Nyarugusu (Tanzanie) : arrestation sous tension de plusieurs réfugiés
Cette vague d’arrestation survient au lendemain des heurts entre réfugiés et policiers. Ces derniers ont appréhendé plusieurs Burundais dont des leaders communautaires. Ils sont accusés d’être des promoteurs du mouvement de contestation des résultats issus de l’élection de la représentation du camp de Nyarugusu. (SOS Médias Burundi)
A la tête de la liste des réfugiés arrêtés, le Burundais Albert, candidat malheureux des élections contestées. Il a été donné vainqueur lors du comptage des voix jusqu’à ce que l’administration du camp publie des résultats différents, selon les contestataires. « Albert, ses voisins ainsi que des chefs de plusieurs zones et villages ont été appréhendés. Des intellectuels sont également visés », apprend-on d’une source bien informée.
Les rafles ont débuté vendredi jusqu’à ce samedi matin. Des Burundais se disent inquiets du sort des personnes arrêtées.
Le nombre exact de personnes en détention n’est pas encore connu, mais elles se comptent par centaine même si quelques unes ont été relâchées quelques heures plus tard après leur interpellation. “Nous étions plus de 60 personnes au cachot de la police de la zone V. Ceux qui ont manqué de place ont été acheminés vers la zone III. Moi et quelques amis avons payé une amande de 50 mille shillings tanzaniens. J’ai préféré payer de peur d’être déporté au Burundi. Nous venons de sortir, mais les cellules restent pleines”, a témoigné un des réfugiés relâché après une journée aux arrêts.
Dégâts humains et matériels
Le bilan de blessés s’alourdit. Ce samedi, l’on comptait déjà plus d’une vingtaine de blessés dont un policier. Plusieurs d’entre eux sont admis à l’hôpital.
La police et les manifestants s’accusent mutuellement d’avoir usé des armes à feu lors des échauffourées. “Nous avons subi des tirs à balles réelles des policiers. Les restes de cartouches sont visibles. Le personnel soignant à l’hôpital où les blessés sont soignés peut confirmer qu’il s’agit de blessures par balles”, disent des réfugiés.
De son côté, la police rejette ces allégations et parle plutôt de “manifestation de réfugiés armés qui ont tiré sur un policier, le blessant sur la jambe droite”. Pour ces Burundais, il s’agit ni moins ni plus d’un coup monté.
Ce vendredi, notre reporter a constaté le pillage de boutiques. Les objets et articles volés comprennent principalement des TV, des plaques solaires, des pagnes, des tissus, des postes de radio et des téléphones portables.
Enquête indépendante
D’après une fiche des résultats que SOS Médias Burundi s’est procuré dans la fraîcheur des faits, Albert, Burundais a eu 6409 votes, la seconde est une Congolaise du nom d’Abirola Evangélique avec 3455 voix, en troisième position vient Emengèle, Congolaise avec 1379 voix.
Après le décompte, Abirola Evangélique, a été proclamée vainqueure, ce qui a suscité une contestation des deux communautés.
Des réfugiés exigent une nouvelle élection, une enquête indépendante et une intervention des responsables de la région de Kigoma (nord-ouest où le camp de Nyarugusu est installé) pour calmer la situation.
Le camp de Nyarugusu héberge plus de 130.000 réfugiés dont 53 mille Burundais (le reste étant des Congolais).
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Photo : des hommes en train de manifester à Nyarugusu, vendredi 11 juin 2021
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