Kirundo : la police rançonne des chauffeurs au lieu de verser les amendes à l’OBR

Kirundo : la police rançonne des chauffeurs au lieu de verser les amendes à l’OBR

Depuis quelques mois, la police a adopté une nouvelle stratégie de collecter de l’argent sur des véhicules de transport des matériaux de construction en province de Kirundo (nord du Burundi). Les chauffeurs sont obligés de verser à des policiers une somme de dix mille francs burundais chacun pour échapper à tout control officiel. Le grand perdant, c’est l’Office burundais des recettes. (SOS Médias Burundi)

Selon des sources locales, la police ne procède plus au control des véhicules assurant le transport des matériaux de construction. « Leurs propriétaire se sont convenus avec le commissaire provincial de la police de les laisser à condition qu’ils payent dix mille francs burundais chacun et par jour. L’argent est remis aux policiers qui font le contrôl de documents de véhicules. Or, la plupart de ces véhicules ne sont pas en ordre », expliquent des habitants de Kirundo.

Une source policière qui s’est confiée à SOS Médias Burundi affirme qu’il y a plus de 30 véhicules qui doivent payer le montant convenu chaque jour. « Il arrive même qu’on collecte plus de 300.000 francs burundais, et nous remettons le montant au commissaire provincial de la police chaque soir », a-t-elle révélé.

D’autres sources indiquent que le commissaire provincial de la police partage le butin avec certains de ses subalternes en se taillant la part du lion.

Face à cette pratique, l’Office burundais des recettes enregistre un grand manque à gagner, selon des observateurs. « Chaque véhicule qui n’est pas en ordre devrait payer une amende à l’OBR, mais les responsables de la police ont plutôt choisi de remplir leur poche. C’est l’État qui perd. La hiérarchie devrait agir », disent-ils.

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Photo : la province de Kirundo

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