Affaire attaque de Rutegama : vague d’arrestation des opposants

Affaire attaque de Rutegama : vague d’arrestation des opposants

Au moins 6 responsables locaux du parti CNL et un membre de l’Uprona sont en détention depuis dimanche dernier. Ils ont été arrêtés sur différentes collines de la commune de Rutegama en province de Muramvya (centre du Burundi). Leur interpellation est intervenue à leur domicile juste quelques heures après une embuscade qui a fauché la vie de 18 personnes et blessé plusieurs autres. Ils sont détenus au commissariat provincial de la police à Muramvya. Les proches des interpellés et leur famille politique parlent d’arrestation arbitraire à base politique et ethnique. (SOS Médias Burundi)

Les interpellés sont Olivier Irangarukiye (secrétaire communal du CNL à Rutegama), Camile Irampezagiye (membre du comité provincial du CNL chargé de la jeunesse à Muramvya), Gaëtan Niyongere (membre du comité provincial), Jean Claude Nkunzimana (représentant zonal du CNL à Rutegama) Jacques (membre du comité zonal du CNL à Rutegama) et Anthère, responsable collinaire du même parti à Cumba. A également été appréhendé un certain Dieudonné, membre du parti Uprona.

Des témoins indiquent que les arrestations ont eu lieu tard dans la nuit à leur domicile chacun. « Des Imbonerakure se sont faits accompagner des policiers et ils montraient chaque ménage où résident des gens qu’il fallait arrêter. C’était vers 2h du matin, des gens dormaient chez eux malgré qu’il y avait eu une attaque armée vers 20h », racontent des habitants de Rutegama.

La police et les Imbonerakure n’ont pas indiqué les raisons des interpellations. « Ils n’avaient pas de mandat ni convocation. Nous pensons que leur arrestation serait liée à l’attaque qui avait eu lieu quelques heures avant, mais c’est injuste de sélectionner des gens parce que seulement ce sont des opposants. Ils sont innocents. D’ailleurs, s’ils avaient quelque chose à se reprocher, ils ne seraient pas restés à la maison! », ont réagi des habitants de Rutegama.

Les interpellés sont détenus au commissariat provincial de la police à Muramvya. Des responsables du CNL dénoncent « des arrestations arbitraires » et « une injustice notoire » basées sur l’appartenance politique et ethnique. Ils exigent leur libération.

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Photo : une des voitures calcinées à Rutegama

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