Rumonge : interpellation de cinq hommes soupçonnés de trafic humain

Rumonge : interpellation de cinq hommes soupçonnés de trafic humain

Ils sont détenus dans les cachots du commissariat provincial de la police a Rumonge (sud-ouest du Burundi) depuis ce mardi. Une source proche du dossier indique que toutes ces personnes sont soupçonnées de « participation au trafic humain ». (SOS Médias Burundi)

Des femmes d’un âge compris entre 35 et 40 ans ont observé un sit-in devant les bureaux de la police provinciale ce mercredi.

Selon une source locale, elles disent avoir été escroquées par des hommes qui leur promettaient du travail dans les pays du Golfe moyennant payement d’un certain montant d’argent. « Ils exigeaient une somme comprise entre cinq cents mille et un million. Ils nous promettaient du travail dans les pays du Golfe mais nous avons appris que ce sont des escrocs », scandent des femmes devant le bureau de la police.

Des sources proches du dossier confirment l’interpellation. Elles affirment que d’autres personnes soupçonnées d’être impliqué dans cette affaire sont introuvables. Elles sont recherchées par la police.

Le Burundi a été cité ces dernières années parmi les pays où le trafic humain se pratique. Il concerne surtout des jeunes femmes qui partent dans les pays du Golfe à la recherche du travail et des enfants.

Des agents des services d’immigration, des administratifs et des membres des services de sécurité sont impliqués dans ce trafic illégal, selon nos sources.

La chaîne s’étendait jusqu’à des ambassades de la sous-région où ces femmes transitent. « Une ancienne secrétaire de l’ambassade du Burundi à Nairobi est détenue à la prison centrale de Ngozi (nord du Burundi). Elle a été dénoncée par des femmes qui avaient été arrêtées », assure une source proche de l’ambassade à Nairobi.

Très récemment, le ministre en charge de la diplomatie burundaise Albert Shingiro s’est rendu dans le Golfe pour rencontrer des officiels dans le but d’obtenir des ententes entre les pays qui embauchent plus de ressortissants burundais et le Burundi afin qu’ils puissent y partir dans des conditions bien précises avec des contrats et un système d’assurance bien élaboré.

Et le ministre en charge des affaires intérieures et de sécurité a dernièrement dit à l’Assemblée Nationale lors d’un vote sur la nouvelle loi des migrations que le Burundi  » ne tolérera plus de fonctionnaires de l’Etat qui ternissent son image en se rendant coupables du trafic humain », précisant que des pays comme les États-Unis ont pris des sanctions contre la petite nation de l’Afrique de l’est suite à cette situation.

Suite à un chômage chronique, des fonctionnaires de l’Etat en collaboration avec des commissionnaires burundais et étrangers ont depuis plus de six ans envoyé des milliers de jeunes femmes dans les pays du Golfe et des enfants. Là, ceux qui se sont confiés à SOS Médias Burundi disent y subir toute sorte de maux : viol collectif, travailler 24h sur 24h, être soumis à des travaux domestiques tels que nettoyer un immeuble de 14 niveaux, prendre soin d’une vingtaine d’enfants et de personnes âgées, passage à tabac …auxquels s’ajoutent le non payement du salaire. « Dans la plupart des cas, ce sont les commissionnaires qui touchent le salaire », disent des sources proches du dossier.

Sur les réseaux sociaux de Burundais, des messages de détresse sont lancés par des femmes jetées à la rue ne pouvant plus avoir de moyens de retourner chez elles, le Burundi n’étant pas représenté dans tous les pays du Golfe.

Pour d’autres, ce sont des compatriotes qui alertent sur leur assassinat pour que les familles puissent être informées. Des associations burundaises et régionales ont toujours demandé aux autorités burundaises de trouver une solution à ce problème.

D’après nos sources, le président Ndayishimiye s’implique beaucoup à éradiquer le fléau.
Depuis plusieurs mois, un strict contrôle dans les pays de la sous-région est fait aux points d’entrée pour empêcher à des Burundais d’y transiter pour rejoindre le Golfe. « C’est sur sa demande et dans un pays comme le Kenya, certaines frontières terrestres sont officiellement fermées à ces burundaises », disent nos sources.

Ce ne sont pas des ressortissants burundais seulement dans la sous-région qui sont tentés par un bon avenir dans les pays du Golfe. Mais le reste y va dans un cadre bien structuré à travers des compagnies de recrutement autorisées par les pays et redevables en cas de conflits. Ce que le ministre Shingiro veut instaurer.

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Photo : sit in de plus de 680 personnes devant le domicile de l’un des accusés dans le trafic des êtres humains, résidant dans le quartier Nkayamba de la ville de Rumonge / DR

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