Manifestation de Bruxelles : le parti CNL dans le collimateur du président Neva, Rwasa livre Magera

Manifestation de Bruxelles : le parti CNL dans le collimateur du président Neva, Rwasa livre Magera

De son retour de Bruxelles du 6ème sommet Union européenne-Union africaine, le président Évariste Ndayishimiye n’a pas caché son mécontentement quant à la manifestation organisée par des Burundais vivant en Belgique et dans les pays voisins. Dans une interview accordée à son arrivée ce dimanche à l’aéroport international de Bujumbura (capitale économique), il a regretté que des membres du principal parti de l’opposition CNL soient à la tête de l’organisation de cette manifestation, dont Aimé Magera qui signe son représentant international. Le président du CNL nie toute responsabilité de son parti. (SOS Médias Burundi)

Le président burundais a sous-estimé l’effectif de Burundais ayant participé dans cette manifestation dans la capitale européenne. « Ils ne dépassaient pas une vingtaine mais quand même, même si c’est un petit nombre pour perturber la paix et la sécurité, il ne suffit pas d’être nombreux pour perturber la paix et la sécurité » a-t-il lâché.

M. Ndayishimiye a qualifié ces manifestants de « gens contagieux qui n’aiment pas leur pays ». Pour lui, c’était » la honte de voir des Burundais manifester contre la levée de sanctions de l’Union Européenne contre leur pays », surtout que celui qui les mobilisait est un membre du CNL. Ce membre du CNL dont il est question est Aimé Magera qui signe représentant international du CNL depuis longtemps et très bien connu dans les médias locaux et étrangers.

Le président dit ne pas savoir si c’est le parti CNL qui l’a mandaté ou pas.

« Il faut imposer une discipline au sein des partis politiques. Si un membre d’un parti commet l’inadmissible et que le parti continue à le bénir, ça montre très bien que c’est une idéologie partagée du parti. Nous attendons voir comment le parti CNL va se comporter face à son militant qui a mobilisé les autres manifestants surtout qu’il mobilisait des Burundais membres du groupe terroriste qui collabore avec le groupe ADF (Forces Démocratiques Alliées sévissant dans l’est de la RDC) qui est en train de tuer des innocents à l’est du Congo », a-t-il suggéré.

Neva s’est aussi directement attaqué au parti CNL. « Imaginez-vous un parti agréé qui fonctionne officiellement et qui se joint à un groupe terroriste et qui mobilise les Burundais contre le Burundi. Attendons voir la réaction de ce parti envers ses membres qui sont allés souiller l’image du Burundi devant la communauté internationale ».

Le président conseille plutôt les partis politiques de s’exprimer à travers d’autres voies. « Aucun parti politique ne peut dire qu’il a manqué de cadre pour s’exprimer. Si c’est le cas, qu’il demande de faire une manifestation ici dans le pays, pourquoi doit-on monter dans l’avion pour aller manifester en Europe? », s’est-il interrogé.

Le président du CNL décline toute responsabilité

Dans une interview accordée à la radio privée Isanganiro, Aghaton Rwasa parle d’ »accusations gratuites » de la part du président Ndayishimiye. « De toutes les façons, les migrations sont contrôlées. Les services concernés peuvent vérifier les départs du Burundi, pour voir qui sont ces militants qui ont quitté le pays pour aller manifester à Bruxelles »,a-t-il indiqué.

Concernant les accusations d’association à un groupe terroriste, M. Rwasa pense plutôt à l’existence d’un agenda caché. « Je me dis que soit ses services de renseignements lui font de faux rapports, soit il y a un agenda caché par rapport à cette question sécuritaire »,estime-t-il.

Le leader de l’opposition rappelle que la société civile congolaise déplore la présence des groupes qui sèment la terreur à l’est de la RDC mais ne mentionne nulle part le parti CNL sur sa liste

Cas Magera

Pour le cas Aimé Magera, Agathon Rwasa est clair. Il ne fait pas partie des organes dirigeants du parti CNL.

« Le rapport actualisé des organes du CNL a été donné au ministre de l’Intérieur et il ne figure nulle part sur la liste des responsables, le nom de Magera Aimé » a-t-il souligné.

Quant au souhait du président de la République de s’exprimer à travers le forum des partis politiques ou d’organiser des manifestations dans le pays, Rwasa rappelle que le droit de manifestation n’a jamais été accordé aux Burundais. « le droit de manifester est consacré par la Constitution burundaise.Malheureusement, je pense que si on malmène les gens pour une simple réunion dans une permanence, ça ne serait pas aisé d’accepter que les gens manifestent sur la voie publique. S’ il faut manifester pour soutenir le pourvoir, là c’est automatique, mais si c’est pour exprimer un grief, je pense que non », a-t-il soutenu.

Quant aux débats au sein du forum des partis politiques, il dit que ce forum n’est régi par aucune loi.

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Photo : Aimé Magera, en pleine manifestation à Bruxelles, le 19 février 2022

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