Rutana : collecte forcée auprès des commerçants de la zone de Butezi

Rutana : collecte forcée auprès des commerçants de la zone de Butezi

Une somme de cinq millions est demandée auprès des commerçants, des propriétaires de pirogues et une association de transporteurs utisant le poste- frontière burundo-tanzanien du côté de la zone de Butezi, en commune de Giharo, en province de Rutana (Sud-Est du Burundi). Des autorités provinciales issues du parti CNDD-FDD seraient à l’origine de cette collecte de contributions obligatoires. (SOS Médias Burundi)

Selon des commerçants de la zone de Butezi en commune de Giharo qui utilisent le poste- frontière de « Kumabuye kwa Ntunaguzi « , les propriétaires de pirogues, les commerçants locaux ainsi qu’une association des transporteurs sont obligés de payer une somme de cinq millions pour utiliser ce poste se trouvant sur la rivière Maragarazi séparant le Burundi et la Tanzanie.

L’ association est obligée de payer une somme de 500 mille francs burundais pour avoir accès à ce poste. Et les autres commerçants sont obligés de s’acquitter du montant restant.

Des commerçants expliquent que cette contribution forcée est collectée par le chef de zone de Butezi, Damas Ntibahezwa (démobilisé du CNDD-FDD ) connu sous le sobriquet de Saryinyo et le chef de colline de Butezi Vincent Butoyi. Ces derniers agissant sous les ordres de Sylvain Nzikoruriho et Rénovat Hakizimana respectivement secrétaire provincial et communal du CNDD-FDD.

Ils demandent aux autorités administrative et policière de couper court aux collectes effectuées par le parti CNDD-FDD en province de Rutana car le poste appartient à l’Etat et non au parti.

Ce poste avait été fermé par le gouverneur de la province de Rutana Olivier Nibitanga pour éviter la propagation du Covid-19.

Une mesure qui n’avait pas fait long feu, des Imbonerakure (membres de la ligue des jeunes du parti présidentiel) et des agents de la police de l’air et des frontières ont continué à laisser des mouvements vers la Tanzanie s’opérer et vice-versa. Des pots-de-vin étaient partagés par les secrétaire provincial et communal du CNDD-FDD, affirment des témoins.

Cinq personnes, quatre Imbonerakure et un policier avaient été arrêtées, accusées de violer la mesure du gouverneur et envoyées en prison. Elles ont été libérées récemment dans le cadre de la grâce présidentielle.

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Image : le bureau de la province

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