Tanzanie : des décisions qui compliquent la vie des réfugiés
Il y a plus d’une année, la Tanzanie en collaboration avec le HCR ont interdit aux réfugiés burundais du camp de Nduta et Nyarugusu de construire de nouvelles maisons ou de réhabiliter celles détruites. Cette interdiction affecte beaucoup de réfugiés burundais qui deviennent de plus en plus vulnérables. Le cas le plus éloquent est celui d’une veuve qui vit dans une cabane en lambeaux , érigée en plein air. Mais la veuve n’est pas la seule qui mène une vie pénible dans les deux camps, elle partage la douleur avec d’autres refugiés estimés à plus d’une centaine dans les camps de réfugiés burundais en Tanzanie. Les réfugiés demandent au pays hôte de leur assurer les conditions de vie dignes d’un être humain conformément aux règles et lois qui les protègent. (SOS Médias Burundi)
Dans le camp de Nduta, la veuve est connue sous le prénom de Caritas, elle habite dans la zone I, village 17 numéro 2. Avec son enfant, ils vivent dans des conditions déplorables, dans une misère extrême.
« La cabane qui fait place à une maison dans laquelle vit Caritas est vraiment une honte pour le HCR et la Tanzanie, pays d’accueil. Elle est couverte de deux pièces de tentes en lambeaux mises ensemble avec des restes de tissus. On se demande comment ils y entrent ou comment ils dorment réellement car une personne d’1m 80 ne peut pas y entrer. Ils dorment sur une natte complètement déchirée », décrit un volontaire du HCR qui a visité cette famille malheureuse.
Sa maison a été détruite il y a plus d’une année.
« Comme le HCR et l’administration du camp ont refusé de lui reconstruire une autre maison, elle a préféré user de ses maigres moyens pour se faire juste un abri », ajoutent ses voisins qui lancent un cri d’alarme à sa place.
Au lieu de lui construire une autre maisonnette, le HCR lui a recommandé de s’enregistrer pour rentrer et » bien vivre chez-elle », ce que Caritas a catégoriquement refusé parce que selon elle, les conditions de sécurité ne sont pas garanties au Burundi.
“[…], cette cabane pitoyable est indigne d’un être humain”, dénonent des réfugiés à Nduta.
Le cas de Caritas est éloquent. Mais elle partage le calvaire avec plusieurs autres Burundais au camp de Nduta, surtout dans les zones installées au début de 2015 quand les premiers Burundais ont fui vers la Tanzanie à la suite d’une crise déclenchée par un autre mandat controversé de feu président Pierre Nkurunziza.
Ils demandent au HCR de revenir sur la décision et « bien accomplir sa mission de protéger les réfugiés », et ainsi permettre aux réfugiés de jouir « du droit à l’abri dans un camp tenu par l’ONU ».
Nyarugusu se démolit…
Pendant ce temps, à Nyarugusu, un autre camp qui héberge des réfugiés burundais en Tanzanie, l’heure est à la démolition des maisons.
« Depuis lundi, la police en compagnie des gardiens civils ont déjà démoli plus de 50 maisons en briques cuites et infligé des punitions aux Burundais qui essayaient de se faire un abri. C’est vraiment douloureux. Nous nous attendons au pire avec le mois de septembre qui commence avec la saison pluvieuse », racontent des Burundais à Nyarugusu qui assistaient impuissamment à la démolition de leur maison.
Le camp de Nyarugusu est subdivisé en deux parties. Les Burundais se lamentent que la partie occupée par des Congolais n’est pas concernée par la mesure.
Ces Burundais demandent à la Tanzanie de ne pas « malmener des gens auxquels elle a donné refuge ».
La Tanzanie abrite plus de 127 mille réfugiés burundais.
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Photo : la cabane qui sert de maison pour la veuve Caritas et son enfant
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