Tanzanie : le HCR demande aux autorités tanzaniennes de cesser le harcèlement contre les réfugiés burundais

Tanzanie : le HCR demande aux autorités tanzaniennes de cesser le harcèlement contre les réfugiés burundais

C’est la porte-parole du HCR dans la région de Kigoma (nord-ouest) de la Tanzanie qui a exprimé la demande. C’était ce lundi lors d’une réunion avec les responsables administratif et sécuritaire du district de Kibondo où est basé le plus grand camp abritant des Burundais à savoir Nduta. Elle a dénoncé « la fermeture des marchés à l’intérieur des camps, la destruction des champs de bananes, l’appel à la réduction de l’assistance destinée aux réfugiés burundais » entre autres. (SOS Médias Burundi)

Les autorités tanzaniennes continuent de prendre des mesures qui limitent les droits des réfugiés burundais, selon des organisations de défense de droits humains et des réfugiés burundais qui se sont confiés à SOS Médias Burundi ces derniers temps.

Nos reporters l’ont aussi remarqué.

« Récemment, Sudi Mwakibasi (directeur national en charge des réfugiés en Tanzanie) a clairement demandé aux organisations humanitaires de diminuer l’assistance destinée aux réfugiés burundais », s’est rendu compte un de nos reporters. C’était en juin dernier. Le fonctionnaire accompagnait un émissaire du gouvernement burundais dans les camps de Nduta et Nyarugusu dans une tournée visant à convaincre les Burundais qui ont fui vers la Tanzanie de retourner chez eux.

Dans la réunion de ce lundi, la porte-parole du HCR dans la région de Kigoma a évoqué certaines décisions qui, selon elle bafouent les droits des réfugiés.

Rehema Msami a notamment signalé cet appel à la réduction de l’assistance réservée aux réfugiés burundais, la fermeture des marchés à l’intérieur des camps, des commerces utilisés par les réfugiés et la communauté d’accueil, la destruction des champs de bananes et d’autres mesures poussant certains réfugiés à rentrer de force.

« Le retour doit être volontaire. C’est une décision personnelle et c’est un choix qui doit être opéré par le concerné, personne d’autre ne peut le faire à sa place », a insisté Madame Msami.

Début juin dernier, le Burundi a délégué un envoyé spécial dans les camps de réfugiés en Tanzanie. Il s’agit de Jérémie Kekenwa, consul burundais dans la région de Kigoma. C’était dans le but de convaincre les réfugiés burundais au retour massif et volontaire. M. Mwakibasi qui l’accompagnait en a profité pour mettre en garde les Burundais que « des mesures contraignantes seront prises à l’endroit de ceux qui ne répondront pas à cet appel ».

En Tanzanie, les organisations de défense de droits humains et de réfugiés ne cessent de rapporter des cas de torture, d’assassinats ciblés, de disparitions forcées de réfugiés burundais. Il y en a aussi qui ont été déportés par les renseignements tanzaniens et qui croupissent encore dans deux prisons à savoir celle de Muramvya (centre du Burundi) et celle de Bubanza (ouest) malgré leur acquittement par un juge burundais.

Notre rédaction a eu connaissance de la détention confirmée pour les huit réfugiés burundais déportés de la Tanzanie début mars 2021. Ils avaient été remis aux autorités burundaises en août 2020.

Ils étaient poursuivis pour « atteinte à l’intégrité du territoire national et participation aux bandes armées ».

Selon nos sources, certaines hautes autorités politique et judiciaire s’opposent toujours à leur libération malgré que le juge les ait blanchis.

En Tanzanie, un autre problème concernant les réfugiés burundais n’est pas des moindres : les autorités de ce pays ont refusé au HCR d’inscrire de nouveau les anciens réfugiés qui reprennent le chemin de l’exil.

Les défenseurs des droits de l’homme appellent le gouvernement tanzanien à cesser ce qu’ils qualifient de « harcèlement contre les réfugiés burundais » et à « respecter les conventions et traités régissant les réfugiés », que la Tanzanie a ratifiés.

Plus de 300 mille réfugiés burundais se trouvent encore dans les pays de la sous-région, la Tanzanie abritant plus de la moitié, selon les statistiques du HCR.

_________________

Photo : une pancarte montrant le bureau du HCR à Kibondo

Previous Cibitoke : deux personnes fusillées à Kiramira
Next Burundi : l'IDHB a écrit au président Neva