Nyarugusu (Tanzanie) : un réfugié burundais sauvagement assassiné
Un homme de 35 ans a été tué à 2km du camp de Nyarugusu dans son champ de tomates. Ses compatriotes demandent à la police de retrouver les assassins. Trois Tanzaniens sont soupçonnés d’avoir commis le meurtre. (SOS Médias Burundi)
La victime est connue sous le nom d’Albert Minani, résident de la zone 11 (numéro de la maison : 8/2) du camp de Nyarugusu en Tanzanie. Ses agresseurs l’ont assassiné le soir de mercredi à 2km du camp.
« Nous sommes allés arroser notre petit champ de tomates vers 17h, après quelques minutes nous avons vu surgir un groupe de trois jeunes tanzaniens parlant Kiswahili, armés de gourdins et de machettes. Ils nous ont sérieusement battus. Mon mari a essayé de lutter pour que je me sauve et j’ai pu m’enfuir », témoigne la femme de la victime , terrifiée.
Et d’ajouter : « Ils ont par la suite immobilisé mon mari, l’ont poignardé et l’ont coupé la tête. J’ai crié jusqu’au camp pour alerter les réfugiés. Quand nous y sommes revenus, nous avons trouvé qu’il était déjà mort, gisant dans un bain de sang ».
Albert Minani laisse derrière lui une veuve et sept enfants.
Les réfugiés burundais ont sillonné les environs du champ de tomates pour voir s’ils pouvaient trouver les criminels en vain. « Ils étaient enragés, ils voulaient se venger », affirment des réfugiés.
C’est ce jeudi matin que la police a pu accorder la permission de rapatrier le corps vers le camp.
« C’est vraiment inadmissible. Nous avons alerté la police la même nuit mais elle n’a pas réagi si ce n’est que nous injurier que nous ne sommes pas autorisés à cultiver à l’extérieur du camp, demander si la victime avait la permission de sortir du camp,…au lieu de se dépêcher, faire des enquêtes et rapatrier le corps », fustigent des Burundais.
Ils qualifient de « complice et inhumaine » cette réaction tardive de la police.
« Nous demandons que notre sécurité soit assurée. Si jamais on a loué un champ chez les Tanzaniens, que nous soyons tranquilles pour l’exploiter car on doit payer de l’argent, c’est pas gratuit », disent-ils.
Ils demandent à la police d’essayer de faire des enquêtes et punir les auteurs du crime, d’autant plus que la veuve de la victime les a vus.
Mais, ces réfugié burundais n’ont pas confiance aux résultats qui en sortiront. «Comment pouvons-nous avoir confiance en la police qui met 24h pour autoriser le rapatriement d’un corps qui est à 2km du lieu du crime? Ils ne vont que verser les larmes de crocodile», estiment des réfugiés.
Comme l’agriculture et l’élevage sont interdits à l’intérieur du camp de Nyarugusu, plusieurs réfugiés qui ont des moyens louent des champs chez les Tanzaniens ou travaillent pour ces derniers dans des villages qui avoisinent le camp pour enfin partager la récolte surtout des légumes et des céréales.
C’est au moment où dans la partie des réfugiés congolais, l’agro-élevage est permis.
L’administration dudit camp explique que des mesures drastiques prises pour les réfugiés burundais ne sont que pour les inciter à répondre au programme de rapatriement « volontaire » que les concernés qualifient plutôt de « forcé ».
Nyarugusu abrite plus de 110.000 réfugiés dont plus de 50 mille Burundais, le reste étant des réfugiés congolais.
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Photo : des réfugiés récupèrent le corps d’Albert Minani non loin du camp de Nyarugusu dans le nord-ouest de la Tanzanie, le 17 août 2023
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