Nakivale (Ouganda) : plus de 400 réfugiés burundais rapatriés

Nakivale (Ouganda) : plus de 400 réfugiés burundais rapatriés

Le rapatriement volontaire des réfugiés burundais du camp de Nakivale en Ouganda continue. Les concernés disent qu’ils sont très contents de rentrer au Burundi après plusieurs années d’exil. Toutefois, d’autres Burundais disent craindre pour leur sécurité une fois rentrés au Burundi. Au cours des deux dernières semaines, plus de 400 Burundais ont quitté le camp pour retourner sur leur localité d’origine. (SOS Médias Burundi)

Mercredi et Jeudi, 414 réfugiés burundais du camp de Nakivale ont pris le chemin retour vers le Burundi.

ALIGHT, une ONG chargée du processus de rapatriement en partenariat avec le Bureau du Premier Ministre (OPM) et Medical Team International (MTI) dans le camp ont facilité les démarches pour les convois de ces 414 Burundais.

Des rapatriés disent être contents de rentrer dans le pays natal.

« Je suis très fière de retourner dans le pays de mes ancêtres. Franchement je ne trouve pas de mots à utiliser pour exprimer ma joie et ma gratitude envers tous ceux qui ont facilité l’organisation de notre retour, ce que je peux dire est seulement de les remercier », s’est réjouie une des personnes qui s’apprêtait à rentrer.

Pour le HCR, le rapatriement revêt un caractère volontaire.

« Le processus doit être et est libre et volontaire, c’est pourquoi tous ceux qui le veulent se présentent eux-mêmes volontairement et librement à nos bureaux. Seulement quelquefois il arrive que le processus prend du temps suite à la vérification de l’identité des intéressés et la résolution de quelques litiges dans les familles », ont expliqué des agents du HCR trouvés sur place.

Mais certains réfugiés ne le voient pas ainsi. Ils estiment que la sécurité ne s’est pas encore améliorée pour prétendre de rentrer.

« Il y a des gens qui sensibilisent les autres pour rentrer. Ils sont peut être envoyés par le gouvernement du Burundi ou collaborent avec lui pour montrer que la crise est finie. Loin de-là, moi je ne peux pas rentrer car les assassinats ciblés et les disparitions forcées sont toujours d’actualité comme le montrent les rapports de différentes organisations de défense des droits de l’homme », laisse entendre un père de famille.

Selon nos informations, certains réfugiés choisissent de rentrer suite à la misère.

« La ration alimentaire a été considérablement revue à la baisse, les enfants n’étudient pas convenablement, pas d’activité génératrice de revenus car nous n’avons pas de capital. Ces facteurs poussent donc des gens à rentrer chez eux », soulignent des Burundais de Nakivale.

Dans le camp, plusieurs occupants s’accordent pour demander au gouvernement ougandais et au HCR de bien faciliter le rapatriement volontaire mais aussi de continuer à assister ceux qui n’ont pas encore choisi le chemin retour.

Le camp de Nakivale compte actuellement plus de 41 mille réfugiés burundais.

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Photo : une pancarte indiquant le camp des réfugiés de Nakivale

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