Photo de la semaine : des conducteurs de véhicules dénoncent la corruption au sein de la police de roulage

Photo de la semaine : des conducteurs de véhicules dénoncent la corruption au sein de la police de roulage

Un système de corruption s’est installé au sein des policiers de la brigade chargée de la sécurité routière. Dans les rues de la capitale économique Bujumbura, les routes nationales desservant la capitale économique et les provinces, des policiers se pointent à des coins différents pour chercher à tout prix des fautes aux conducteurs afin de leur soutirer de l’argent. (SOS Médias Burundi)

Ce système existe depuis plusieurs années et personne ne semble s’en inquiéter, disent des conducteurs de véhicules.

« Très tôt le matin, des policiers se pointent sur les axes stratégiques non pas dans le souci de réguler la circulation mais plutôt pour collecter des pots de vin », estiment des chauffeurs de bus de transport en commun et de taxis.

Les passants sont arrêtés pour un éventuel contrôle technique, mais avec plutôt d’autres visées.

« Même pour un véhicule disposant de tous les documents, ces policiers s’arrangent pour trouver de quoi incriminer le conducteur, afin de lui soutirer de l’argent », se lamentent des conducteurs qui ajoutent ironiquement : « le désordre qui s’installe est comme celui de l’ancien Zaïre (actuel RDC). Les policiers
pouvaient exiger aux conducteurs la carte de baptême ou de vaccination pour avoir à tout prix les pots de vin ».

Ce système de collecte des frais de corruption est à l’origine des embouteillages.

« On peut se faire arrêter 10 fois dans une journée par des policiers dans la même ville, certains d’entre eux ne portant même pas de tenue les identifiant ».

Au centre-ville, ils se pointent simultanément au boulevard de l’Uprona, au boulevard Mwezi Gisabo, au boulevard Patrice Lumumba, à la chaussée Peuple Murundi, aux avenues de la mission, de l’amitié, à la chaussée Prince Louis Rwagasore et un peu partout ailleurs.

Un conducteur de bus assurant le transport vers la zone de Gatumba (non loin de la frontière avec le Congo) précise plutôt que ce qui est fait sur cet axe est hors du commun.

« Sur une distance de 15 Km, on peut se faire arrêter 3 voire 5 fois par des groupes de policiers. En l’absence d’une quelconque contravention, des policiers se permettent de demander à tout passant de leur offrir à boire », se désolent des chauffeurs de bus et taxis collectifs.

La même situation est rapportée sur la route nationale 1 (RN1), Bujumbura- Bugarama.

« Sur une distance de 40 Km, au moins 5 groupes de policiers font semblant de faire le contrôle pour plutôt exiger de l’argent aux passants », disent des victimes de la pratique. La situation est aussi catastrophique sur la RN3 (Bujumbura-Rumonge), la RN7 (Bujumbura-Ijenda) et la RN5 (Bujumbura-Cibitoke).

Le président Neva a récemment dénoncé le même système de corruption au sein des policiers affectés à l’aéroport international Melchior Ndadaye de Bujumbura. Les conducteurs de véhicules contactés demandent que les autorités policières y mettent de l’ordre.

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Notre photo : un groupe de policiers sur l’axe Bujumbura-Gatumba

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