Dzaleka (Malawi) : plus de 15 femmes enceintes mortes en moins de deux mois

Dzaleka (Malawi) : plus de 15 femmes enceintes mortes en moins de deux mois

Depuis août dernier, le camp de Dzaleka au Malawi a déjà enregistré 15 femmes enceintes décédées. Elles sont mortes pendant l’accouchement. Des réfugiés parlent d’un manque ou d’assistance négligée. Aucun commentaire ne filtre des responsables sanitaires. (SOS Médias Burundi)

D’après des réfugiés, le phénomène remonte à début août dernier. Des femmes enceintes meurent une à une, mais à l’hôpital.

« Chaque semaine, nous avons une mauvaise nouvelle. Ce sont des femmes enceintes qui meurent tout le temps. Nous enregistrons trois à cinq femmes par semaine. C’est vraiment douloureux. Nous sommes malheureux », rapporte un leader communautaire.

Elles succombent dans deux structures sanitaires principalement : aux hôpitaux du camp et du district de Dowa.

« À l’hôpital du camp, on n’est pas en mesure d’effectuer des césariennes. Et des paturientes sont tardivement transférées à Dowa. Des fois même, elles meurent avant le transfert. C’est une négligence avérée qui cause leur décès », se plaignent des réfugiés.

Ils indiquent que même à Dowa, des femmes réfugiées- enceintes doivent verser des frais de corruption pour avoir un service.

«[…], j’ai vu de mes propres yeux une femme donner une somme de 20 mille kwacha malawien pour avoir des soins alors qu’ils sont gratuits pour les réfugiés. Donc, une femme enceinte qui n’a rien à offrir a moins de chance d’être bien accueillie », affirme un témoin oculaire.

Suite aux cas de morts , des réfugiés commencent à se tourner vers la sorcellerie, ce qui risque de causer plus de conséquences, selon des volontaires communautaires.

Des voix s’élèvent pour demander à l’administration du camp, au HCR et à l’autorité du pays hôte d’intervenir.

Jusqu’à présent, les responsables sanitaires n’ont pas encore réagi à cette préoccupation.

Dzaleka compte plus de 50 mille réfugiés dont plus de 11 mille Burundais.

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Photo : une pancarte indiquant le camp des réfugiés de Dzaleka

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