Minembwe : un militaire et un pasteur tués en deux jours

Minembwe : un militaire et un pasteur tués en deux jours

Un militaire des FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo) a été tué ce mercredi matin à Minembwe. C’est sur le territoire de Fizi, province du Sud-Kivu à l’est du Congo. Dans la même zone, un pasteur avait été assassiné ce lundi, un acte attribué à des éléments des FARDC. (SOS Médias Burundi)

Le militaire tué appartenait à la 12ème brigade dont les soldats sont postés sur Minembwe. Selon des sources militaires, les hommes armés qui ont tiré sur lui sont des combattants du groupe armé Twirwaneho, composé de membres de la communauté Banyamulenge.

« Ils l’ont abattu au moment où il allait puiser de l’eau dans la vallée de Runundu », disent ses collègues.

La mort du militaire a provoqué une tension dans cette région dominée par des Congolais de la communauté Banyamulenge, associés aux Rwandais par plusieurs autres tribus.

« Des femmes de militaires ont improvisé une marche. Elles disaient qu’elles veulent expulser les Rwandais du Congo. Elles ont lancé des pierres sur des magasins et boutiques des Banyamulenge dans le centre de Madegu », racontent des témoins.

L’incident s’est déroulé après l’assassinat d’un pasteur de la communauté Banyamulenge, ce lundi.

Muzima Rugamba se trouvait dans un groupe de personnes quand il a été abattu.

« Plusieurs habitants se trouvaient dans une même maison au centre de Madegu. Ils se mettaient à l’abri de la pluie. Des militaires sont venus et ont pris tout ce qu’ils avaient sur eux- téléphones portables, monnaie…Avant de partir, ils ont tiré sur le pasteur Muzima qui est mort sur le champ », disent des témoins.

L’armée congolaise a indiqué avoir ouvert une enquête dans cette affaire. Selon nos sources, trois militaires qui ont assassiné l’homme de Dieu appartiennent à la 12ème brigade.

« Les suspects ont été arrêtés », confient des sources sécuritaires.

Au moins 20 civils ont été tués à Minembwe depuis 2020, dix ayant été assassinés par des militaires, selon la société civile locale.

Le cas qui a suscité beaucoup d’indignation est celui d’un jeune élève assassiné à la machette par un militaire, début octobre dernier.

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Dans cette même région, au moins 300 mille vaches ont été pillées par des groupes armés et les FARDC depuis 2017,selon un responsable des éleveurs de la région.

Un porte-parole du groupe armé Twirwaneho n’était pas disponible pour réagir à ces allégations.

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Photo : des femmes dans un marché de Minembwe

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