Kakuma (Kenya) : quatre réfugiés burundais agressés dont un mort
Les incidents se sont déroulés à des moments différents en moins de deux semaines au camp de réfugiés de Kakuma situé au nord-ouest du Kenya. Les victimes ont été agressées et blessées par des inconnus. Elles ont été aussi dépouillées de leurs biens matériels. La communauté burundaise à Kakuma appelle au secours. (SOS Médias Burundi)
Le 29 octobre dernier, un homme connu sous le sobriquet de « Sebabiri », habitant la zone III bloc 4 a été battu jusqu’à ce que mort s’en suive.
« Il a été agressé par des réfugiés parlant le dialecte sud-soudanais de la communauté des Nuer. C’était aux environs de 22h alors qu’il était tout près de chez lui. Ses agresseurs sont des agents de la sécurité », indiquent ses voisins.
Les raisons de l’acte ne sont pas encore connues.
« On ne sait pas encore pourquoi il a été tué. On murmure que des gens juraient de se venger car le fils de la victime aurait violé une Sud-soudanaise. Nous pensons que ce sont des accusations sans fondement. Ils auraient quand même saisi la justice », ajoutent-ils.
Des enquêtes ont commencé et parmi les suspects, sa femme.
« C’est vraiment inadmissible. Sa femme est allée se plaindre à la police et l’affaire a été retournée contre elle et elle est en détention comme une dizaine d’autres personnes », regrettent des Burundais qui réclament des enquêtes indépendantes.
Et le weekend dernier n’a pas été aussi facile pour trois réfugiés burundais qui sont tombés dans une embuscade leur tendue par des inconnus.
« Deux d’entre eux habitent la zone de Kakuma II bloc 2 et un troisième est de la zone de Kakuma III. Ils ont été blessés à la machette. Le premier sur la tête, le second sur le visage et le troisième au niveau des hanches. Ils ont été dépouillés de tout leur argent. Une somme de plus de 5 000 shillings kényans, des téléphones portables, des vélos et d’autres objets de valeur. Les agresseurs sont aussi des Sud- soudanais », signalent des réfugiés burundais.
Ces derniers jurent de se faire justice si jamais l’administration n’intervient pas. « Nous ne pouvons pas rester les bras croisés face à cette injustice car nous voyons que nous ne sommes plus protégés ici », disent-ils.
Les défenseurs des droits des réfugiés lancent un cri d’alarme.
La CBDH/VICAR, une coalition des défenseurs des droits des réfugiés, vivant dans les camps« déplore énergiquement le comportement des réfugiés soudanais qui tendent des embuscades à d’autres réfugiés ».
« Nous déplorons également la lenteur des enquêtes qui devraient être menées par la police kényane pour identifier et punir les auteurs et de surcroit décourager ces actes ignobles qui emportent la vie des réfugiés, surtout burundais », souligne Léopold Sharangabo, vice-président de la CBDH/VICAR.
Cette coalition qui travaille dans plus de 10 camps de réfugiés appelle le gouvernement kényan à « mobiliser la police pour sécuriser toutes les zones souvent menacées et faire une enquête approfondie afin que les malfaiteurs soient traqués ».
» Il doit y avoir quelque chose derrière ces incidents car ce sont surtout des Burundais qui sont agressés. Pourquoi les agresseurs ciblent une seule communauté parmi tant d’autres ? Une question à laquelle la police devrait répondre », estime M. Sharangabo.
Kakuma compte plus de 200 mille réfugiés de plusieurs nationalités dont plus de 20 mille Burundais.
_________________
Photo d’illustration : vue partielle du camp des réfugiés de Kakuma
You might also like
Kakuma (Kenya) : accueille de plus de 150 nouveaux réfugiés
Depuis le début du mois de novembre, plus de 150 réfugiés ont été reçus au camp de réfugiés de Kakuma (nord-ouest du Kenya). La plupart sont des Burundais, des Congolais
Nduta (Tanzanie) : huit réfugiés burundais enlevés
Trois semaines viennent de se passer sans nouvelle de huit réfugiés tirés de leurs ménages dans la nuit par des éléments de la police tanzanienne. Leurs familles s’inquiètent de leur
Nyarugusu (Tanzanie) : l’heure de la circoncision des adultes a sonné
Une campagne pour la circoncition des adultes est menée par deux intervenants dans la santé, la Croix Rouge et Medical Team International, MTI. Elle va durer deux mois, jusqu’en décembre
