Burundi : le vice-président reconnaît la méfiance entre les pouvoirs publics et les médias

Burundi : le vice-président reconnaît la méfiance entre les pouvoirs publics et les médias

Prosper Bazombanza l’a déclaré ce jeudi en marge des états généraux sur la presse. Il a regretté que le métier de journaliste est menacé par l’amateurisme. (SOS Médias Burundi)

Les représentants du gouvernement, de la société civile, des partis politiques, des agences onusiennes, des ambassades et des médias sont réunis pour deux jours dans la capitale politique Gitega.

C’est le vice-président Prosper Bazombanza qui a ouvert les travaux. Il a reconnu qu’il existe une méfiance entre les pouvoirs publics et les médias.

« Le travail des médias a connu des hauts et des bas ces six dernières années, il faut vraiment qu’on l’accepte », a affirmé Prosper Bazombanza mettant en cause « certains médias qui ont carrément basculé dans des combats pour la conquête du pouvoir et de façon le moins démocratique ».

« Cela a entrainét de façon générale une méfiance entre les pouvoirs publics et les médias », reconnaît le vice-président.

Le représentant de l’Union européenne au Burundi estime, quant à lui que les journalistes burundais subissent toujours des menaces.

« […], je voudrais saluer la résilience de nombreux journalistes burundais qui oeuvrent dans des conditions difficiles faisant face tour à tour à de pressions et intimidations, à la réticence de certains de communiquer », a indiqué Claude Bochu. Il a parlé de « conditions de travail et de salaire incapacitantes » de journalistes.

Selon le vice-président, ces conditions menacent le professionnalisme.

« Pour faire face aux difficultés financières, certaines radios et TV ont puisé le personnel parmi les jeunes chômeurs sans aucune expérience et cela a ouvert le métier à l’amateurisme et a entravé le professionnalisme qui doit caractériser le métier de journaliste », a ajouté M. Bazombanza.

Le responsable de l’Association des radio- diffuseurs du Burundi (ABR) Onésime Harubuntu a espéré « un nouveau départ » après ces assises qui se tiennent dans la capitale politique. Cela faisait environ 12 ans que la petite nation de l’Afrique de l’est n’avait pas organisé les états généraux sur la presse.

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Photo : le vice-président burundais Prosper Bazombanza en marge des états généraux sur la presse, novembre 2022

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