Ouganda-Kenya : le camp de Nakivale se vide pour gonfler Kakuma

Ouganda-Kenya : le camp de Nakivale se vide pour gonfler Kakuma

Depuis un certain temps, plusieurs réfugiés du camp de Nakivale en Ouganda se rendent à Kakuma au Kenya pour y demander asile. Ils fuient les mauvaises conditions de vie. Plus d’un millier de réfugiés sont déjà partis depuis début novembre. Dans l’entre-temps, à Kakuma un nouveau centre d’accueil vient d’être ouvert. (SOS Médias Burundi)

Le lieu de départ est fixé sur l’arrêt- bus du camp de Nakivale en Ouganda, à 4h du matin. Le mouvement est plus remarquable depuis un mois.

« Ils partent au moins 3 fois la semaine, et chaque fois, trois bus de plus de 60 passagers démarrent. On dénombre environ plus d’un millier de personnes qui se sont rendues à Kakuma depuis le mois dernier », affirment des leaders communautaires locaux qui ont déjà alerté le HCR et l’administration centrale.

Les villages qui se vident plus sont Kabanaza A et B, où vivent essentiellement des Burundais et des Congolais de la communauté Banyamulenge.

« Plusieurs maisons sont restées vides, fermées», disent des témoins.

Les raisons sont diverses

« Les uns craignent pour leur lendemain surtout des Burundais avec le mouvement de rapatriement entrepris par leur gouvernement, d’autres fuient les mauvaises conditions de vie, la famine et des rumeurs faisant état de coupure significative de ration alimentaire en 2023 à tel point qu’uniquement 20% des réfugiés seront pris en charge. Ensuite, ils espèrent qu’au camp de Kakuma au Kenya, ils recevront de l’argent comme assistance », tentent d’expliquer des leaders locaux.

Le HCR et l’administration du camp de Nakivale n’ont pas encore réagi. Mais au camp de Kakuma au Kenya, l’on signale déjà plusieurs nouveaux demandeurs d’asile, le plus grand nombre venant de la Tanzanie dans les camp de Nyarugusu et Nduta.

Kakuma surpeuplé

Le camp de Kakuma au nord-ouest du Kenya accueille plus de gens ces derniers temps. Deux centres d’acceuil récemment ouverts sont déjà débordés.

« La semaine dernière le HCR a installé un nouveau centre d’accueil. Par mois, le camp reçoit pas moins de 200 nouveaux demandeurs d’asile. La plupart d’entre eux sont des Burundais qui proviennent essentiellement de la Tanzanie et de l’Ouganda. Et d’ailleurs, ils se lamentent que les conditions de vie deviennent de plus en plus précaires car les quotas de la ration n’augmentent pas au même rythme que le nombre de membres par ménage », assurent des volontaires du HCR au camp de Kakuma.

Le camp de Nakivale compte plus de 140 mille réfugiés dont plus de 33 mille Burundais alors que Kakuma héberge plus de 200 mille réfugiés de plusieurs nationalités dont plus de 20 mille Burundais.

_____________________

Photo d’illustration : des familles de réfugiés burundais et somaliens venus du camp de Kakuma pour des réclamations trouvent un abri sous un pont non loin du QG du HCR à Nairobi, août 2019

Previous Guerre en RDC : le M23 cède une partie de ses positions
Next Nyanza-Lac : une réunion du conseil communal boycottée

You might also like

Réfugiés

Nyarugusu (Tanzanie) : une réfugiée burundaise et son nouveau-né meurent par mégarde

La victime allait mettre au monde quand elle est morte avec son nouveau-né. Ses gardes-malades accusent les infirmiers de négligence. (SOS Médias Burundi) Spéciose Nizigiyimana habitait la zone 9, numéro

Réfugiés

Nyarugusu (Tanzanie): les hommes d’église dans le collimateur des autorités tanzaniennes

Depuis quelques semaines, des pasteurs et responsables d’églises ne vont plus prêcher la bonne nouvelle les dimanches. Ils craignent d’être arrêtés par la police tanzanienne qui, en collaboration avec des

Réfugiés

Burundi : des familles réfugiées fuyant la guerre, séparées de leurs proches et confrontées à l’incertitude

SOS Médias Burundi Ruyigi, 14 janvier 2026 – La guerre dans l’Est de la RDC a provoqué la fuite de milliers de civils, souvent séparés de leurs proches. La petite