Goma : manifestations de grande envergure

Goma : manifestations de grande envergure

La ville de Goma (chef-lieu du Nord-Kivu à l’est de la RDC) s’est réveillée sous de vives tensions ce lundi matin suite à un mouvement de contestation contre la force régionale de l’EAC notamment. Les manifestants disent aussi dénoncer « le soutien du Rwanda au M23 » et « la progression du mouvement du 23 mars vers Goma ».(SOS Médias Burundi)

Depuis 5h, l’axe Afia Bora Katoyi était barricadé par des manifestants. Ils sont ensuite descendus vers le rond-point Instugo vers 8h pour empêcher n’importe qui d’y passer.

Aux environs de 8h, la route nationale numéro 2 Goma-Sake a été barricadée par des jeunes, à l’aide de pierres.

Personne ne pouvait quitter le quartier Mungunga pour se rendre au centre-ville.

«Nous demandons à la force de l’EAC de rentrer chez elle. Nous demandons aux Rwandais de rentrer chez eux, nous demandons aux FARDC de combattre l’ennemi dont les rebelles du M23 et les autres groupes rebelles qui déstabilisent l’Est de la RDC », scandaient des manifestants.

Ils protestent contre les décisions sorties du 20ème sommet des chefs d’État de l’EAC tenu à Bujumbura au Burundi le weekend dernier. Cette réunion des présidents des pays de la Communauté Est-Africaine africaine s’est conclue par le renforcement des troupes de la force régione. Les leaders de l’EAC ont également appelé à l’arrêt des violences et à un cessez-le-feu immédiat.

Une situation jugée confuse par des Congolais.

« Aujourd’hui , nous n’avons plus besoin de la force régionale car nous avons constaté qu’elle est toujours à côté de l’ennemi. Je crois que notre armée FARDC est forte. Elle peut mettre fin à cette agression », pense Léon Mumbere, un manifestant.

Cette manifestation a été organisée contrairement au communiqué du collectif des mouvements citoyens et groupes de pression de la province du Nord-Kivu qui avaient appelé la population à vaquer librement à ses activités, évoquant « une manipulation politique ».

Les manifestants se sont également pris à la Monusco qui n’arrive pas toujours à faire la mission pour laquelle elle a été envoyée , celle de combattre le M23 et d’autres groupes armés, selon eux.

Selon les organisateurs, c’est aussi une occasion de « dénoncer la progression des terroristes du M23 dans le territoire de Masisi et vers la ville de Goma ».

« Comme la force régionale est incapable de combattre le M23, elle doit quitter notre pays, la RDC n’est pas une poubelle où toutes les immondices seront chaque fois jetées pour nous aider », s’est ainsi insurgé Jacques Sinzayera, activiste local.

Quelques coups de feu ont été entendus en plein centre-ville du quartier Majengo, le plus chaud de la ville.

Malgré le déploiement d’un dispositif important des éléments de la police, la situation semble dégénérer car selon certains témoins, plusieurs commerces et deux églises créées par des membres des communautés rwandophones vivant en RDC , ont été vandalisés.

Une rue barricadée dans la ville de Goma

Dans une interview, un représentant d’une partie de la société civile de Goma confirme qu’elle a décrété une ville morte sur toute l’étendue de la province qui pourrait durer six jours.

« La ville morte est décrétée par la société civile pour dire non à la force régionale de l’EAC, qui est inefficace sur le terrain et qui est venue comme pour assister, on dirait de scouts. Nous voudrions voir une force venue faire l’offensive et non pour faire la médiation avec le M23. Nous voulons qu’à travers ces manifestations, le chef de l’État fasse partir cette force qui est inutile pour nous », a dit Aimé Makanda, membre de la société civile locale.

Le week-end dernier, le président congolais Félix Tshisekedi a haussé le ton.

« Vous n’êtes pas venus pour favoriser le M23 et c’est très dommage que la population s’en prenne à vous. Vous êtes venus pour nous aider. Vous n’êtes pas venus pour avoir des problèmes. Donc, soyez vraiment attentif à ça, soyez attentif à ça. Répondez aux questions de la population, communiquez avec la population », a martelé le président Tshisekedi au commandant en chef de l’EAC , le général major Jeff Nyagah, originaire du Kenya, en présence du président kényan William Ruto en marge du 20ème sommet des chefs d’État de la communauté Est-Africaine.

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Le Rwanda a toujours nié les accusations selon lesquelles il soutient le M23. Il reproche plutôt aux autorités congolaises de « collaborer avec les génocidaires rwandais FDLR en leur fournissant des uniformes, armes et munitions », dans le but de « déstabiliser son territoire ».

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Photo : des manifestants portent un cercueil en protestation aux meurtres commis dans l’est du Congo

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