Tanzanie : le HCR renforce sa campagne pour le retour des réfugiés burundais
Le Haut-commissaire onusien pour les réfugiés Filippo Grandi était en visite cette semaine en Tanzanie. Il a insisté sur le rapatriement «volontaire» des réfugiés burundais en Tanzanie. Les concernés craignent des mesures drastiques pour les obliger au rapatriement. (SOS Médias Burundi)
Vendredi, le patron du HCR a été reçu par la présidente tanzanienne. La problématique des réfugiés burundais était à l’ordre du jour.
« J’ai discuté avec la présidente Samia Suluhu Hassan sur comment intensifier le soutien au rapatriement volontaire des réfugiés burundais. Les efforts visant à créer les conditions de retours durables doivent se multiplier et nécessitent l’engagement de tous, en particulier des acteurs du développement », a indiqué Filippo Grandi.

Avant de se rendre en Tanzanie, ce diplomate de haut niveau est passé par le Burundi, ce jeudi. Le président burundais Évariste Ndayishimiye l’a reçu en audience.
« Ils ont essentiellement échangé sur des actions à mener pour une meilleure réintégration des rapatriés. Surtout qu’ils ne cessent de rejoindre massivement leur patrie », a souligné la présidence burundaise.
Le Haut-commissaire onusien s’est quant à lui réjoui de la situation sécuritaire au Burundi.
« J’ai été reçu par le président Ndayishimiye, deux ans après ma dernière visite au Burundi, dans un cadre de stabilisation du pays. Nous avons souligné l’importance d’appuyer la réintégration des rapatriés burundais et de rendre encore plus efficace l’accueil des réfugiés congolais », a-t-il précisé.
Inquiétude chez des réfugiés burundais en Tanzanie qui ne sont pas disposés au retour volontaire.
« Nous savons interpréter ces signes qui ne trompent pas », a réagi un Burundais qui est en exil pour la troisième fois au camp de Nyarugusu.
Ce Burundais se rappelle de mauvais souvenirs.
« En 2013, j’étais au camp de Mtabila, ici même en Tanzanie. Avant la destruction de ce camp, des scénarios similaires se sont produits : visites intempestives des responsables du HCR et des autorités burundaises dans les camps. Des commissions ‘go and see, go and come to tell’ comme c’est le cas maintenant. Des appels au retour volontaire, des mesures draconiennes et des mauvaises conditions de vie…voilà », se souvient-il.

Et d’ajouter : « après que nous ayons fait semblant de résister, le camp de Mtabila a été détruit un bon matin, nous avons été embarqués dans des camions par force. Il y a eu des morts. Le risque est grand que ce cauchemar recommence. Je ne suis pas un oiseau de mauvaise augure mais je le sens », explique ce cinquantenaire.
Dans une tournée que la Représentante -pays du HCR en Tanzanie, Mahoua Parums a effectué les deux dernières semaines dans les camps de réfugiés, elle a estimé que la question des réfugiés burundais doit trouver de solutions durables. Le rapatriement « volontaire » restant le seul moyen privilégié.
La Tanzanie abrite plus de 247 mille réfugiés dont plus de 145 mille Burundais.
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Photo : des réfugiés burundais pour la plupart de jeunes gens dans une réunion avec les représentants du gouvernement tanzanien
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