Burundi : la crise-carburant loin d’être réglée
Après des mois sous perfusion de carburant, la situation devient presque chaotique au Burundi, très difficile de voir une station- service qui sert de l’essence. Toutes les provinces de la petite nation de l’Afrique de l’est sont privées du produit. (SOS Médias Burundi)
Le trafic routier sur la voirie urbaine de Bujumbura (ville commerciale) en dit long. Pas d’embouteillages comme d’habitude, a remarqué notre reporter qui s’est joint aux citadins en circulant sur les rues de Bujumbura sous un soleil accablant, pour voir si telle ou telle autre station serait en train de servir de l’essence.
Sur certains points de distribution, pas de véhicules, tandis qu’ailleurs de véhicules font la queue, mais toutes les pompes sont vides. La majorité des véhicules sur la file sont des mini-bus de transport en commun et des taxis.
Ce lundi soir, une seule station disposait d’un peu d’essence dans le centre de la capitale économique. Elle est située sur le Boulevard du 28 novembre. Une file interminable de véhicules en attente d’être servis se faisait remarquer.
« Je devrais être avec mes enfants dont une petite fille qui doit téter, sans parler du devoir à domicile pour les deux autres enfants. Imaginez-vous si je sacrifie tout ça et que je ne suis pas servie », se lamente une jeune maman, qui a devant elle une file de dizaines de véhicules vers 20h.

Sur différents parkings, les taxis sont très rares.
« Les autres chauffeurs sont allés passer des jours à la station. C’est comme ça que l’on travaille ces jours-ci », se désole un taximan.
Et un passant de glisser: « Les taximen sont parmi ceux qui vendent le carburant en cachette jusqu’à 10 mille francs burundais le litre. Ils vident leur réservoir et retournent à la station. »
Un litre d’essence coûte 3250 francs burundais officiellement.
Dans toutes les provinces de la petite nation de l’Afrique de l’est, l’essence est introuvable, ont remarqué nos reporters ce mardi.
Cette carence s’accompagne d’une hausse incontrôlée du prix du ticket de transport, provoquant à son tour une hausse généralisée de tous les produits, surtout de première nécessité.
Récemment, le ministère en charge de l’énergie qui s’occupe de la gestion des produits pétroliers avait promis de « résoudre définitivement la crise-carburant ». Les autorités burundaises ne se sont pas encore exprimées sur cette nouvelle pénurie d’essence.
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Photo : une station-service dont les pompes sont vides dans la ville commerciale Bujumbura, le 13 février 2023
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