Goma : au moins 16 enfants décédés suite aux conditions de vie déplorables dans le nouveau site de déplacés de Majengo
Tous les 16 enfants ont trouvé la mort en moins de deux semaines. Le site qui abrite ces deplacés de guerre se trouve dans le quartier de Majengo en commune de Karisimbi. C’est dans la ville de Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu à l’est de la République démocratique du Congo. Cette information est confirmée par les organisations de la société civile, des confessions religieuses et le responsable de ce nouveau camp de déplacés. Ils déplorent les conditions de vie des déplacés et condamnent le gouvernement central de ne rien faire pour venir en aide aux déplacés depuis qu’ils ont quitté les territoires d’origine pour se réfugier dans cet endroit. (SOS Médias Burundi)
Le nouveau site des déplacés du quartier de Majengo regroupe plus de 28O ménages. Les conditions de vie restent déplorables comme pour le reste des déplacés qui sont installés dans la ville de Goma. Ils vivent dans des conditions pour le moins précaires.
«Nous regrettons la mort de plus d’une quinzaine d’enfants en moins de deux semaine. Nous constatons malheureusement que nos autorités ne s’inquiètent plus de la vie quotidienne des Congolais se trouvant dans les conditions sanitaires très critiques. Ces enfants sont morts suite aux mauvaises conditions de vie », alerte Munago un des chefs de bloc dans ce camp.
La mort de ces enfants déplacés inquiète également les défenseurs des droits humains en province du Nord-Kivu.
« C’est incompréhensible de voir comment les enfants peuvent perdre la vie sans aucune intervention des autorités congolaises. Cela prouve que les droits des personnes en difficulté ne sont pas considérés par les autorités congolaises. Nous demandons que l’autorité nous prouve qu’elle se préoccupe réellement des vies des Congolais », appelle John Bahati, acteur de la société civile Force vive du Nord-Kivu.
Dans ce nouveau camp, la majorité des occupants sont des femmes, des personnes du troisième âge et des enfants. Ils sont venus des différents groupements du territoire de Nyiragongo et une partie de Rutshuru, suite aux affrontements entre les Forces armées de la RDC et les rebelles du M23.
Les déplacés affirment ne bénéficier d’aucune assistance de la part des autorités congolaises et des organisations intervenant en faveur des personnes en situation difficile qui œuvrent dans la partie est de la République démocratique du Congo.
« Nous traversons des moments extrêmement difficiles dans ce camp de déplacés ici à l’église CBCA (La Communauté Baptiste au Centre de l’Afrique)-MAJENGO. Je suis arrivé ici il y a deux semaines et nous n’avons encore rien reçu de nos autorités », se lamente Ange Malimingi, une femme qui s’est confiée à SOS Médias Burundi.
Certains des déplacés affirment n’avoir reçu qu’une assistance en vivres de la part de l’église CBCA. Les déplacés sont abrités dans les enceintes de cette église.
« La fois dernière nous avons reçu une aide provenant des autorités ecclésiastiques de CBCA Majengo. Nous les remercions vraiment pour leur assistance car ça nous a fortifiés », indique Mugarura Habimana, un des déplacés venus de Kibumba.
Selon les autorités ecclésiastiques, cette assistance reste toujours insuffisante aux déplacés cantonnés dans cette enceinte.
Le révérend pasteur Senzoga Patrick en appelle à la conscience du gouvernement pour intervenir le plus tôt possible.
« Oui nous leur avons donné une petite assistance car nous les avons reçus. C’était inadmissible de les voir mourir de faim en notre présence, puisque c’est nous-mêmes qui vivons avec eux au quotidien. Mais jusque-là, ce que nous donnons comme assistance est trop insignifiant. Nous demandons aux autorités congolaises de faire leur mieux pour aussi assister ces Congolais qui traversent les moments atroces », lance-t-il.
Parmi ces déplacés, certains sont venus des camps de Kanyarutchinya et Don Bosco craignant les mauvaises conditions de vie dues à la grave situation sanitaire.
« Moi je suis venu ici mais avant j’étais dans le camp de Kanyarutchinya. J’en suis partie suite aux mauvaises conditions sanitaires. Tous mes quatre enfants venaient de mourir suite aux maladies liées à la saleté. Je me suis dit que mon tour aller bientôt venir. J’ai alors décidé de changer de camp. J’étais très stressée d’avoir perdu mes enfants. Avant d’arriver là-bas, mon mari avait été tué lors des affrontements chez nous à Jomba au mois de juin », déplore Emelyne Batachoka.
Les inquiétudes affluent de toutes parts
Aujourd’hui la ville de Goma est entourée par des camps de déplacés du nord au sud. Et cela présente des dangers pour les habitants de cette ville. Ces derniers disent craindre d’attraper des maladies des mains sales avec des camps dans leur ville où l’hygiène n’est pas respectée.
Les déplacés vivent dans des conditions qu’ils jugent eux-mêmes très précaires.
Par exemple, le camp de Bulengo qui, non seulement, est exposé au danger de gaz méthane du lac Kivu, manque également d’assistance humanitaire. Ses occupants sont dans leur majorité venus du territoire de Masisi à la suite d’intenses combats entre les FARDC et le M23 dans la chefferie de Bashali et Bahunde dont plusieurs localités sont occupés par les rebelles.
Des organisations de défense des droits humains à l’est de la RDC ont décrié le manque d’assistance humanitaire pour les déplacés dans les camps à Goma et à Nyiragongo.
La ville de Goma compte trois camps de déplacés dont ce delui Bulengo situé dans le quartier Lac vert au sud-ouest de la ville dans la commune de Goma, le camp de Don Bosco dans le quartier Kasika en commune de Karisimbi et celui de Majengo, établi au quartier portant le même nom, toujours dans la commune de Karisimbi.
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Photo d’illustration : enfants déplacés dans un camp de déplacés dans le Nord-Kivu
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