Meheba (Zambie): la cherté de la vie disloque les familles
Au camp de réfugiés de Meheba, les prix des denrées alimentaires ne cessent de grimper. La cherté de la vie augmente des cas de querelles dans les ménages jusqu’à la dislocation des familles. Le HCR est appelé à intervenir. (SOS Médias Burundi)
Les prix des produits vivriers de base au camp de Meheba en Zambie montent chaque jour. Certains sont passés du simple au double.
« Le prix d’un sac de 2.5 kg de maïs est passé de 15 à 20 Kwacha zambiens (0.80 à 1.07 USD), le même sac de riz coûte actuellement entre 75 à 80 Kwacha, alors que le mois dernier le prix était de 60 Kwacha », souligne un réfugié qui précise que la banane, la patate douce et les légumes ont suivi la même courbe dans une période de trois mois.
C’est au moment où le HCR ne donne plus de contribution alimentaire ou en monnaie aux réfugiés. Ils sont plutôt encouragés à se prendre en charge à travers l’agriculture.
La hausse des prix est en partie expliquée par le changement climatique qui a affecté les cultures, l’augmentation du nombre d’habitants du camp ou encore le manque d’engrais chimique pour avoir plus de production.
Cette cherté de la vie n’est pas sans incidence sur la vie des couples.
« Plusieurs couples se bagarrent à cause de la pauvreté, il s’observe des cas de divorces, des femmes qui s’adonnent à la débauche pour avoir de quoi nourrir leurs enfants ou encore des hommes qui laissent leurs familles pour aller se cacher dans les villes, prétextant d’aller chercher du travail », expliquent des réfugiés.
Des réfugiés demandent au HCR de reprendre la distribution des vivres ou d’autres formes d’aides aux réfugiés. Ils recommandent aussi à l’administration du camp de procéder à la régulation des prix et d’empêcher que le peu de production aille sur le marché extérieur alors que la demande interne n’est pas satisfaite.
Pour essayer de venir en aide aux réfugiés vulnérables, des humanitaires viennent d’offrir une subvention de 860 Kwacha zambiens (45 USD) par famille chez les personnes âgées, les handicapés, les enfants non accompagnés et d’autres personnes recensées comme plus vulnérables.
D’après les réfugiés, la liste devrait être allongée car « presque tout le monde est devenu vulnérable ».
Ces humanitaires sont appelés à plutôt favoriser des programmes d’autonomisation des réfugiés en leur donnant des capitaux pour faire des activités génératrices de revenus ou en leur dispensant des formations à certains métiers comme la couture.
Le camp de Meheba compte actuellement plus de 27mille réfugiés dont plus de 3500 Burundais.
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Photo d’illustration : une pancarte indiquant le camp des réfugiés de Meheba
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