Rutana : des autorités pénitentiaires impliquées dans le commerce de boissons prohibées

Rutana : des autorités pénitentiaires impliquées dans le commerce de boissons prohibées

Selon des sources au sein du personnel de la prison de Rutana (sud-est du Burundi), le commerce des boissons de la Brarudi (brasseries et limonaderies du Burundi) et des boissons prohibées sont source d’insécurité au sein de cette maison de détention. Le directeur de la prison Frédéric Ndayisenga, en complicité avec le responsable principal des prisonniers nommé Jérémie, sont à la tête de ce commerce. (SOS Médias Burundi)

L’incident qui a révélé le pot-aux-roses a eu lieu mardi dernier. Selon nos sources , le détenu Jérémie, poursuivi pour meurtre, a détourné une somme d’un million de francs burundais à un certain Mutsiri avec qui il partage le capital des boissons de la Brarudi.

Ce dernier a demandé de l’aide à un autre prisonnier prénommé Joël, accusé également d’assassinat, pour contraindre Jérémie à lui restituer son argent.

Joël, armé de cinq couteaux, s’est alors lancé aux trousses du responsable des prisonniers Jérémie et du commissaire chargé de la sécurité, lui aussi prénommé Joël.

Mais Joël aurait raté ses deux cibles et, furieux, il a commencé à fracasser des bouteilles de bière contre un mur, causant un vacarme qui a poussé les autres détenus à se terrer dans leurs cellules.

Le bruit, qualifié d’explosions par des détenus, des bouteilles cassées, n’a cessé que vers 17 heures, après intervention du commissaire provincial de la police à Rutana en personne.

Après son interpellation, le prisonnier Joël a dénoncé devant les responsables de la police les injustices dont sont victimes les prisonniers de la par de leur responsable.

Les détenus accusent le directeur de la prison de Rutana Frédéric Ndayisenga de favoriser les détenus membres du CNDD -FDD pour faire ce commerce de boissons prohibées, car selon eux, il en tire lui-même beaucoup d’argent, sans se soucier de la sécurité des prisonniers alors que cela a toujours causé de l’insécurité.

Les détenus indiquent qu’il s’observe régulièrement des scènes de bagarre et des blessés suite à des beuveries.

Pas plus tard que ce mardi, un détenu a été blessé par un codétenu à l’aide d’un couteau, un autre a été ébouillanté, et cela suite à l’ivresse, précisent nos sources.

Une source au sein du service pénitentiaire indique que le directeur de la prison perçoit 500 mille francs chaque mois suite à ce commerce de boissons et 50 mille francs de la part de chaque prisonnier vendant des boissons prohibées (Umugorigori, Muraha et Kanyanga).

La collecte de l’argent destiné au directeur de la prison est exécutée par Jérémie, le responsable des prisonniers.

Les détenus et le personnel pénitentiaire demandent que le directeur de la prison et le responsable des prisonniers soient transférés ailleurs pour rétablir la paix dans cette maison pénitentiaire.

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Photo d’illustration : au chef-lieu de la province de Rutana

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