Le M23 refuse de se démobiliser (communiqué)
Le mouvement du 23 mars (M23) a, dans un communiqué rendu public le 20 juin 2023, déclaré ne pas être concerné par le processus de désarmement, démobilisation et réinsertion communautaire tel que recommandé dans différentes réunions des chefs d’État de la Communauté Est-Africaine (EAC). Dans ce même communiqué, le M23 a également exprimé son désaccord sur le cantonnement que devrait entreprendre le gouvernement congolais. (SOS Médias Burundi)
Cette décision intervient peu de jours après des attaques simultanées que ses rebelles ont lancées contre les milices locales dans le territoire de Masisi en province du Nord-Kivu à l’est de la RDC.
La société civile sur place a signalé que « les rebelles du M23 ont incendié de dizaines de maisons et ont contraint des civils à quitter leurs domiciles, sans parler des tueries ».
En réaction à ce communiqué publié par le M23, le lieutenant colonel Guillaume Ndjike Kaiko, porte-parole de l’armée en province du Nord-Kivu dans les opérations Sokola 2, a affirmé que les FARDC ne cesseront pas de mener des opérations de grande envergure aussi longtemps que le M23 continuera de résister au programme de démobilisation comme prévu par l’EAC.
« Si le M23 dit ne pas être concerné par le P-DDRSC, il va subir la force et la pression des FARDC car nous ne pouvons pas admettre que cela puisse se passer dans notre province, voire même sur le sol congolais », a-t-il indiqué.
Pour Denis Cicéron Maombi, un acteur de la société civile au Nord-Kivu, ce communiqué du M23 prouve clairement sa mauvaise volonté.
« Il était prévu d’abord qu’il soit cantonné à Sabyinyo. Jamais le M23 ne s’est retiré de ses positions pour se retrouver à Sabyinyo. Si vraiment le M23 était engagé pour des pourparlers et le cantonnement, il ne devrait pas continuer les attaques dans le territoire de Masisi. À part le Masisi, il a continué à renforcer ses troupes sur différentes lignes de front notamment dans le territoire de Nyiragongo à (Kibumba), à Rugari, à Kalengera et à Chanzu (territoire de Rutshuru) où il a continué avec des formations militaires» a-t-il évoqué.
De son coté, Ezra Kavamahanga du parti politique Action pour un congo nouveau (ACN) a estimé qu' »à travers cette communication, le M23 déclare ouvertement la guerre contre la RDC ». Il recommande au gouvernement congolais de bien armer les Forces armées de la République démocratique du Congo et renforcer ses mesures diplomatiques.
Et de poursuivre : « Au-delà de cette préparation que le gouvernement congolais ferait, un autre plan devrait consister à l’accentuation de toutes les mesures relatives à la diplomatie en faisant en sorte que toutes les régions et toutes les forces gouvernementales qui sont impliquées dans cette guerre puissent en principe s’assumer de façon à imposer au M23 à accepter le cantonnement et le P-DDRCS», a-t-il suggéré.
Le M23 est une ancienne rébellion Tutsi qui a repris les armes fin 2021 reprochant aux autorités congolaises de n’avoir pas respecté leurs engagements sur la réinsertion de ses combattants. Depuis décembre 2022, les rebelles ont cédé presque toutes leurs anciennes positions dans le Nord-Kivu à la force régionale de l’EAC dans le cadre d’un cessez-le-feu en cours. Mais les autorités congolaises et la société civile locale n’ont cessé d’accuser le M23 de reprendre ses anciennes positions avec l’aide du Rwanda. Le gouvernement rwandais a toujours balayé ces accusations d’un revers de la main, accusant à son tour les dirigeants congolais de collaborer avec les génocidaires rwandais FDLR en leur fournissant des uniformes, armes et munitions dans le but de déstabiliser le territoire rwandais.
Le président Félix Tshisekedi a souvent qualifié les FDLR de « force résiduelle réduite au banditisme ne représentants plus de menace pour le Rwanda ».
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Photo d’archives : des rebelles du M23
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