Bugendana : 27 ans après le drame, toujours pas de justice pour les 648 victimes du massacres des Tutsi dans le site des déplacés
A l’occasion de la 27ème commémoration des massacres qui ont emporté 648 Tutsi dans le site des déplacés de Bugendana dans la province Gitega au centre du Burundi, les proches réclament toujours justice. Lors d’une messe en mémoire des disparus, le prêtre a condamné cette barbarie humaine. (SOS Médias Burundi)
C’était dans la nuit du 20 au 21 juillet 1996 lorsque 648 Tutsi du site des déplacés de Bugendana ont été sauvagement massacrés. Selon des rescapés de cette barbarie, les localités de Bugendana, Mutaho (Gitega) et Gihogazi (Karusi ) étaient sous le contrôle des rebelles du FDD, un groupe armé qui deviendra plus tard le parti politique CNDD-FDD.
Dans son homélie à la succursale de Bugendana, l’Abbé Privât Nduhirubusa a condamné ces massacres des populations civiles innocentes. Il a par ailleurs prêché le respect des droits humains, une justice équitable, l’amour, le pardon et la réconciliation.
Dans son discours, Oswald Ntirabampa, chef du site des déplacés de Bugendana est quant à lui revenu sur le calvaire qu’nt connu les Tutsi qui étaient rassemblés à cet endroit.
Il a également évoqué la pauvreté des déplacés laissés à eux -mêmes sans aucune assistance.

Il a déploré que la Commission Vérité et Réconciliation (CVR) n’a pas participé dans ces cérémonies.
De leur côté, Maître Pascal Ntahonkiriye et le professeur Lothaire Niyonkuru, respectivement président de l’association des rescapés des massacres de Bugendana et de AC-Génocide Cirimoso, ont dénoncé le fait que les 648 ont été tués parce qu’ils sont nés Tutsi. Ils regrettent le manque de neutralité et de professionnalisme de la CVR et par conséquent proposent la restructuration de la commission en y insérant des étrangers neutres.
Ntahonkiriye et Niyonkuru ont également demandé la mise sur pied d’une cour spéciale pénale pour les crimes de guerre au Burundi.
Pascal Ntahonkiriye et Lothaire Niyonkuru lancent une alerte contre la propagation à grande échelle de messages de haine à caractère ethnique et politique ces derniers temps. Ils ont ensuite demandé que la vérité sur ces massacres soient connue et que les auteurs soient traduits devant la justice.
Le secretaire exécutif permanent de l’administrateur de la commune Bugendana Saoul Ntakarutimana quant à lui tranquillise les déplacés et fait savoir qu’ils seront associés dans des projets de développement. Il appelle les déplacés à s’installer dans le village de paix en construction sur la colline Carire de la commune Bugendana afin de pouvoir bénéficier des services publics.
_________________________
Photo : deux hommes déposent une gerbe de fleurs sur le monument des victimes des massacres de Bugendana, le 23 juillet 2023
You might also like
Burundi : la commission en charge des droits de l’homme a confirmé l’arrestation de Bunyoni
La CNIDH (Commission nationale indépendante des droits de l’homme) l’a communiqué sur son compte Twitter. Sixte Vigny Nimuraba, président de la commission a confirmé à SOS Médias Burundi avoir vu
Karusi : une commerçante en détention
Théodosie Ncishahayo, veuve de six enfants et commerçante au chef-lieu de la province de Karusi (Centre-est du Burundi) est détenue au commissariat provincial depuis ce mercredi 3 février. Elle a
Présence du Premier ministre burundais à Paris : « Une honte pour la France », selon l’IDHB
Gervais Ndirakobuca, Premier ministre du Burundi participe à un sommet pour un pacte financier international cette semaine à Paris. L’Initiative pour les droits humains au Burundi (IDHB) parle d’une honte
