Bujumbura : le groupe parlementaire du CNL interdit d’animer un point de presse

Bujumbura : le groupe parlementaire du CNL interdit d’animer un point de presse

La police a empêché jeudi matin aux parlementaires issus du CNL d’accéder à la permanence de leur parti pour parler à la presse comme prévu. La raison évoquée : « exécuter les ordres venant d’en haut ». (SOS Médias Burundi)

Comme à l’accoutumée, les journalistes attendaient dans la salle que le point de presse commence.

Mais dehors, la situation est tendue. Une dizaine de policiers venant de la zone de Gihosha (nord de la ville commerciale) où se trouve la permanence ont investi les lieux. Ils ont indiqué aux parlementaires qu’ils ne pourront pas s’adresser aux journalistes.

Ils sont alors restés à l’extérieur pour passer quelques coups de fil sûrement avec différentes autorités pour plaider en leur faveur.

Après presque 2 heures, la situation s’est débloquée après l’intervention de certaines autorités policières.

Le point de presse a alors débuté peu après 11h. La communication était le souhait de ces 20 députés et 1 sénateur : « que le ministère en charge de l’intérieur lève la suspension de toutes les activités de ce parti de l’opposition ».

Pamphile Malayika s’est exprimé au nom de ce groupe parlementaire.

« On ne comprend pas comment 48 jours après les réunions, ces dissidents ont rejeté les conclusions des conventions prises à l’unanimité. Pourquoi on n’a pas relevé ces irrégularités séance tenante? Nous sommes convaincus que le ministère de l’Intérieur va revenir à la raison et annuler cette mesure ».

Ces parlementaires ont estimé qu’il est grand temps que le parti CNL reprenne ses activités dans tout le pays.

Contacté à ce sujet, le ministre de l’Intérieur, Martin Niteretse, a déclaré qu’il ne va collaborer qu’avec les organes mis en place en 2019.

Pour lui, ce groupe de parlementaires n’a rien à demander au ministère car le groupe ne fait pas partie des organes dirigeants.

Le CNL, principal parti de l’opposition dans la petite nation de l’Afrique de l’est traverse une crise de leadership depuis des mois. Son leader, l’ancien chef rebelle Hutu Agathon Rwasa a suspendu du bureau politique la moitié de son équipe qui, à son tour l’a déclaré « ne plus être président du CNL ».

Le ministre Niteretse a suspendu toutes les activités de cette formation politique, évoquant de probables confrontations entre les militants « divisés ».

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Photo d’illustration : une militante CNL salue ses compagnons à travers une fenêtre d’un bus qui la ramène d’une province du Burundi lors d’un grand rassemblement du CNL dans la ville commerciale Bujumbura

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