Bujumbura : colère des commerçants suite à la nouvelle fixation des prix des échoppes

Bujumbura : colère des commerçants suite à la nouvelle fixation des prix des échoppes

Les commerçants ayant signé les nouveaux contrats avec l’Office burundais des recette (OBR) ont arrêté de travailler ce lundi. Ils indiquent que c’est leur façon de manifester leur mécontentement du fait qu’ils ne seront pas capables de respecter les nouveaux contrats. Le ministre en charge des affaires intérieures recommande la revue de la mesure par toutes les parties concernées. (SOS Médias Burundi)

Des commerçants étaient en colère ce lundi dans la ville commerciale Bujumbura.

« Nous avons décidé d’observer un mouvement de grève aujourd’hui pour montrer que nous sommes contre cette mesure qui nous exige l’impossible », a indiqué un commerçant rencontré au marché de Ruvumera dans la zone de Buyenzi, centre-ouest de Bujumbura.

Certains vendeurs ont expliqué qu’il s’avère impossible de payer par exemple 450.000 francs burundais à l’OBR alors qu’auparavant ils payaient 14.000 à la mairie.

« Pour honorer ces engagements, chacun devrait avoir au moins un capital de 50 millions de francs burundais. Qui parmi nous en est capable ? Comment celui qui a deux stands aura 900 mille à payer ? », ont-ils questionné.

Les commerçants exerçant leur métier dans les marchés de Ruvumera et de Ruziba( sud de la ville commerciale) notamment ont demandé à l’État de sursoir à cette mesure en prenant conscience de la situation économique qui prévaut au pays.

Au marché de Jabe (centre), ce sont les mêmes lamentations.

« Je ne peux pas avoir cet argent. C’est pratiquement impossible. Je n’ai qu’un capital d’un million de francs burundais. Dis-moi comment je peux avoir une somme de 300 mille francs pour louer un stand chaque mois », s’est désolé Désiré Nahimana, vendeur de chaussures au passage de nos reporters. Au marché de Kinama (nord), la majorité de commerçants ont estimé que « cela revient à nous chasser, la majorité d’entre nous devrait fermer nos échoppes ».

Dans un point de presse y relatif, le ministre en charge des affaires intérieures a annoncé lundi avant-midi que le constat est que les propriétaires des stands ne sont pas réellement des commerçants : « ce sont des autorités administratives, des gens ayant des responsabilités qui cherchent des locataires. C’est vraiment dommage, ils se sont rendus service en premier, au lieu de le faire pour la population dont ils sont responsables. Ils ont volé la population, mais ils ont volé également le pays», a insisté Martin Niteretse.

Mais des commerçants répondent que « nous ne pouvons pas être pénalisés à cause de ces personnes qui sous-louent les stands. Cela n’a pas de sens. Que les autorités fassent une analyse cas par cas ».

« En plus certains d’entre nous avions même contribué pour la construction de ces marchés », dit un homme qui vient de passer plus de 25 ans à faire du business dans un marché à Bujumbura.

Pour le ministre Niteretse, L’OBR est en train de mettre en exécution la décision de l’administration.

« C’est pourquoi j’ai recommandé la concertation de tous les organes (OBR, administration, commissaires des marchés) pour revoir les prix réels à faire payer aux vrais occupants ».

« Nous ne voulons plus de lamentations, nous devons chercher plutôt des solutions en mettant en avant l’intérêt public», a-t-il souligné.

Le ministre Niteretse a aussi ordonné des enquêtes pour empêcher qu’une personne possède désormais plus d’une échoppe dans ces marchés modernes.

La semaine dernière, les autorités burundaises ont exigé aux commerçants installés dans les marchés modernes dans la capitale économique Bujumbura de  » signer de nouveaux contrats avec l’Office burundais des recettes et payer les loyers mensuels à cet office au lieu de les verser à la mairie ».

La plupart des occupants ont vu leur loyer passer de 110 mille à 600 mille francs.

Le maire de Bujumbura Jimmy Hatungimana a déclaré que « c’est une décision qui a été prise au plus haut niveau du pays ».

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Photo :des commerçants en grève devant un marché fermé dans la ville commerciale Bujumbura, le 31 juillet 2023

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