Burundi : les habitants doivent s’habituer à la hausse du prix des produits pétroliers

Burundi : les habitants doivent s’habituer à la hausse du prix des produits pétroliers

Ce lundi, les autorités burundaises ont annoncé une troisième hausse du prix du carburant. Elle intervient pour la troisième fois en moins de trois mois. Le premier ministre Gervais Ndirakobuca avait prédit cette augmentation des prix des produits pétroliers la semaine dernière. « Les Burundais doivent s’y habituer. Chaque fois que le prix grimpe sur le marché international, il en sera de même au Burundi ». (SOS Médias Burundi)

Le prix d’un litre d’essence passe de 4450 FBU à 4550 FBU, soit une hausse de 100 FBU. Celui du gasoil est désormais fixé à 4395 FBU, passant de 4250, soit une hausse de 145 FBU. Le pétrole quant à lui passe de 4135 à 4150 FBU, soit une hausse de 15 FBU par litre.

Les nouveaux tarifs ont été annoncés lundi soir par le ministre en charge de l’énergie Ibrahim Uwizeye, en même temps responsable de la gestion des produits pétroliers.

La décision a été annoncée dans un point de presse qui s’est tenu dans la ville commerciale Bujumbura. Le ministre Ibrahim Uwizeye a expliqué que « cette hausse est due à celle du baril sur le marché international ».

M.Uwizeye a déclaré que son ministère observe depuis un certain temps la perturbation dans l’approvisionnement du carburant sur le marché international, régional et national, consécutive à la conjoncture économique mondiale. Des propos qu’il avait tenus le 11 septembre dernier lors d’une annonce d’une autre hausse du prix du carburant.

« Le carburant n’étant pas produit au niveau local, et les prix étant fixés au niveau mondial, le Burundi subit des chocs exogènes liés aux variations du prix sur le marché international », a-t-il répété.

Désolation

En septembre dernier , SOS Médias Burundi avait recueilli les avis des habitants surtout dans la capitale économique.

Beaucoup d’habitants disent « craindre la montée des prix d’autres produits de première nécessité et du ticket de transport ».

« Le gouvernement devrait avoir pitié de nous. Vous vous rendez compte que cette hausse intervient en moins de deux mois pour une population qui croupit dans la misère. La vie va être intenable. Nous allons avoir des problèmes pour nous déplacer, nourrir nos enfants et faire vivre nos familles. Cette hausse aura des conséquences sur tout notre quotidien, même le logement. Déjà, aujourd’hui se déplacer de Bujumbura vers l’intérieur du pays c’est comme si on se rendait au Kenya », se désolaient des citadins qui demandent au gouvernement de revoir la mesure.

La petite nation de l’Afrique de l’est connaît une hausse vertigineuse des prix des produits sensibles ces derniers temps, la population estimant être « laissée à elle-même ».

Avis des experts

Des experts locaux ont appelé les autorités burundaises à convoquer une table ronde de tous les intervenants dans le secteur-carburant pour trouver une solution durable à la crise-carburant qui perdure depuis plus de dix huit mois.

« C’est une problématique qui se pérennise. Nous sommes devenus la risée. Les Burundais veulent avoir et voir le carburant ici et non dans les stocks à Dar-es-Salaam. Même le Congo, un pays en crise que nous aidons en matière de sécurité n’a pas de problème pour importer le carburant », s’insurgeait Faustin Ndikumana, président de PARCEM, une ONG qui milite pour la bonne gouvernance,en juillet dernier.

Pour Noël Nkurunziza, secrétaire général de l’Association burundaise des consommateurs (ABUCO), « il est très regrettable que les prix sont toujours revus à la hausse sans que le consommateur burundais ne soit consulté ».

« Avec le pouvoir d’achat du consommateur burundais aujourd’hui et cette hausse de prix, il lui est impossible de vivre », se désole-t-il.

Préparer les esprits

Le premier ministre burundais Gervais Ndirakobuca a annoncé vendredi dernier dans une conférence publique des ministres que « les prix du carburant seront fréquemment adaptés à ceux du marché international”. Le ministre Ibrahim Uwizeye l’a réitéré.

La dernière augmentation des prix des produits pétroliers datait du 11 septembre dernier, après celle de juillet 2023.

Le carburant reste presque introuvable sur les points de vente malgré la hausse de son prix, ont remarqué nos reporters dans plusieurs provinces.

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Photo d’illustration : des véhicules sur une station- service sans carburant dans la ville commerciale Bujumbura

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