Goma : des mouvements Citoyens et groupes de pression ont manifesté de nouveau contre la force de l’EAC

Goma : des mouvements Citoyens et groupes de pression ont manifesté de nouveau contre la force de l’EAC

Un collectif de mouvements citoyens et de groupes de plaidoyer dans la province du Nord-Kivu à l’est de la République démocratique du Congo a organisé mercredi une manifestation contre la force régionale de l’EAC. Selon son porte-parole, le collectif exige le retrait immédiat des forces de la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) du territoire congolais. (SOS Médias Burundi)

Pour ces mouvements citoyens, la situation sécuritaire reste précaire, en grande partie à cause du groupe rebelle M23 qui ne respecte pas le cessez-le-feu.

« Cette situation a conduit à une violation délibérée du cessez-le-feu, entraînant des attaques continues contre les positions des FARDC, et ce, sous l’œil impuissant des forces de l’EAC dans différentes régions », disent les organisateurs de la manifestation.

Le collectif déplore « l’incapacité » de l’EAC à faire respecter le cessez-le-feu et les mesures de pré-cantonnement, qui étaient les dernières résolutions prises par les chefs d’État du bloc économique de l’Afrique de l’est à Bujumbura, la capitale économique du Burundi.

“Malgré une prolongation de trois mois de leur mandat, les forces de l’EAC ont montré leur passivité, leur inefficacité et leur partialité”, a déclaré un porte-parole du collectif.

Selon le collectif, la marche vise également à dénoncer l’hypocrisie de certains États membres de l’EAC, notamment le Kenya, l’Ouganda et le Soudan du Sud.

Des centaines de personnes sont descendues dans les rues à l’appel de ce collectif. Parmi les manifestants, des déplacés de guerre.

« Nous avons longtemps souffert dans les camps de déplacés et en plus, nos mamans et nos sœurs sont violées par des groupes armés sous l’oeil impuissant des éléments de l’EAC. Voilà pourquoi nous exigeons leur départ immédiat », a chargé Patient Komayombi , un déplacé présent dans cette manifestation.

« Nous sommes fatigués de voir cette force inutile de l’EAC se transformer en une mission d’observation qui assiste aux massacres de Congolais. Au lieu de nous servir nous, le peuple congolais , elle est entrain de faciliter l’ennemi à entrer et occuper nos espaces », a enfoncé le clou Héritier Gashegu Habimana , militant du mouvement Citoyen Vision pour la victoire du peuple en RDC, et membre co-organisateur de la marche de mercredi.

Un manifestant tient en mains un écrit qui exige le départ immédiat de la force régionale de l’EAC, le 18 octobre 2023 à Goma

Pour d’autres militants, il est préférable de voir les milices locales à la place de la force régionale.

« Sur le terrain, ils ne font rien à part servir de bouclier à l’ennemi, donc cette force n’a pas sa raison d’être chez nous. Nous voulons voir l’EAC partir et laisser la place aux jeunes Wazalendu (miliciens locaux entretenus par les autorités congolaises) qui sont déterminés pour chasser le M23 », a ajouté Moïse Hangi, militant de la LUCHA ( Lutte pour le changement).

Manifestants dispersés

Devant le bureau du gouverneur de province, les organisateurs de la manifestation ont présenté leur mémorandum à certains membres du gouvernement militaire présents sur le lieu car l’autorité provinciale était empêchée.

Après la lecture de leur mémorandum , ces manifestants ont été vite dispersés par les éléments de la police nationale congolaise.

L’autorité urbaine à Goma a expliqué que, cette manifestation était inopportune et non agrée selon les règlements de l’état de siège en cours depuis mai 2021.

Au moins trois manifestants ont été arrêtés et transférés dans les cachots de la police locale, a remarqué un reporter SOS Médias Burundi.

LIRE AUSSI :

Goma : plusieurs morts et blessés dans des manifestations anti-Monusco et contre la force régionale de l’EAC

Selon un rapport des autorités congolaises, au moins 94 civils ont été tués dans des manifestations contre la Monusco (Mission de l’organisation des Nations-Unies en RDC) et la force régionale de l’EAC dans les villes et contrées de la région-est du Congo l’an dernier et en août cette année.

Les dirigeants du vaste pays de l’Afrique centrale ont récemment souhaité ne plus voir d’éléments de la force régionale de l’EAC à partir du 8 décembre prochain, date d’expiration de leur mandat.

Les chefs d’Etat ne se sont pas encore exprimés sur cette requête.

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Photo : des femmes dont des réfugiées manifestent dans une rue de Goma pour exiger le départ de la force régionale de l’EAC, le 18 octobre 2023

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