Burundi : le carburant toujours rare malgré les promesses du gouvernement

Burundi : le carburant toujours rare malgré les promesses du gouvernement

Le ministère de l’Energie et des mines annonce que 86 camions chargés d’essence et de mazout sont arrivés au pays à la fin du week-end dernier. Le porte-parole de ce ministère s’étonne du fait que les stations-services ne servent pas de carburant alors qu’il est disponible. Mais aucune solution n’est signalée à cet effet. Les files d’attente sont toujours observées devant des points de distribution de carburant, vides ou qui en disposent en très petites quantités. (SOS Médias Burundi)

Du sud au nord, de l’est à l’ouest en passant par le centre, il est rare de voir le carburant surtout de type essence servi.

Les habitants de la capitale économique Bujumbura déplorent cette situation qui ne change pratiquement pas malgré les prix du carburant qui ne cessent d’être revus à la hausse.

« C’est surprenant parce que vendredi passé il y a eu quelques 55 camions qui sont rentrés au pays et 31 dans la journée de samedi. On ne comprend pas pourquoi il y a ces files d’attente pour l’approvisionnement en carburant », s’étonne Léonidas Sindayigaya, porte-parole du ministère de l’Energie et des mines.

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Pour une certaine opinion, les propriétaires des stations jouent la spéculation car ils s’attendent à une nouvelle tarification du carburant d’un moment à l’autre.

Léonidas Sindayigaya nie catégoriquement la probabilité d’une nouvelle majoration du prix du carburant et explique que cela ne dépend pas des dirigeants burundais mais plutôt des cours mondiaux.

« Il y a même une légère baisse sur certains cours, mais cela ne devrait évidemment pas toujours s’accompagner d’une même baisse des tarifs au niveau des stations-services. Il y a des pays qui ont pris des stratégies qui prennent par exemple six mois sans changer le coût pour peut-être permettre à la population une certaine stabilité. Nous sommes en train d’analyser cette question au niveau du ministère pour voir si on ne pourrait pas sortir une ordonnance à la fin de chaque mois en fonction des cours mondiaux de ces produits », précise le porte-parole.

Raisons de la pénurie

Dans un point de presse animée ce jeudi, le président de l’Observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques (OLUCOME) a rappelé que le problème de pénurie de carburant résulte toujours du manque de devises.

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Gabriel Rufyiri déclare qu’il est très urgent que des mesures soient prises pour faire face à ce grand défi qui hante l’économie burundaise.

Il recommande au gouvernement de détacher la Banque centrale de la présidence de la République pour lui conférer son indépendance, et qu’il y ait également une équipe de suivi qui surveille l’utilisation des devises.

Sinon, pour le président de l’OLUCOME, le pays ne peut pas prétendre à une émergence économique.

La moyenne de consommation du carburant au niveau du pays est de 30 millions de litres par mois.

Les trois importateurs principaux qui sont la Regideso, Interpetrol et Prestige sont silencieux face à cette problématique.

Une bonne partie de l’opinion se demande pourquoi il n’y a toujours pas de solutions durables alors que le gouvernement ne cesse de rassurer la population qu’il n’y a pas manque de carburant au Burundi, alors que la réalité est tout autre sur le terrain.

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Photo d’illustration : plusieurs véhicules sur une station-service sans carburant dans la ville commerciale Bujumbura

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