RÊVES DE BAREGEYA: la honte tue ? Mon œil!
Le Burundi s’enfonce de plus belle. Les plus hauts dirigeants, au lieu d’être honnêtes et de reconnaître cette misère sans précédent, se plaisent à dire des choses et leurs contraires. La vérité est une : le pays est économiquement dans les ténèbres. Tandis que le pauvre de Baregeya rêve des monts et merveilles.Chronique par Mahoro, SOS Médias Burundi
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Où suis-je mon Dieu ! Est-ce je suis allé au paradis sans passer de vie à trépas d’abord ? Non, c’est au Burundi. Partout c’est la joie. Tout le monde mange à sa faim. Le franc burundais est la monnaie de référence dans le monde entier. On achète ce qu’on veut ici et partout à travers le monde. S’il faut importer, un clic suffit pour avoir les produits désirés. Mon pays-paradis ne manque de rien.
Les médicaments, le carburant, les fertilisants et tout autre produit de première nécessité foisonnent. Dans le pays, le miel coule dans les ruisseaux et le lait dans les robinets. Les pompistes s’ennuient dans les stations-services. Pas de file de véhicules, sauf les bus de transport en ville, tout comme à l’intérieur du pays. Ces bus attendent juste des passagers.
Dirigeants ou envoyés de Dieu ?
Voilà des dirigeants qu’il nous fallait. Merci Seigneur ! Quelle chance d’être nés Burundais. Merci pour avoir « fondé » le CNDD-FDD, ce parti qui t’a placé devant tout. C’est un parti qui organise des croisades de prières à qui mieux mieux. Mais oui mes chers, notre président bien aimé prie plus que le pape, plus que l’archevêque de Canterbury, plus que les patriarches ou les grands muftis.
C’est l’œil de Dieu qui éclaire le Burundi. Pas besoin d’électricité. Vous dîtes non? Avez-vous entendu un Burundais grogner ? Jamais. Les églises sont pleines. Partout, ce sont des louanges. « Nous marchons dans la lumière de Dieu », chante-t-on. Pas besoin de cette électricité qui peut même causer des dégâts par électrocution. C’est de même pour le carburant. Dieu a tant aimé les Burundais qu’il a su préserver cette terre sainte d’un carburant qui pourrait brûler ses enfants. C’est cela le Burundi et son … franc burundais.
Rêve et tais-toi
Et si ce n’était que des rêves, finalement ! « Umutindi arota ico ababaye » (le hère rêve de ce dont il a besoin). Oui, j’ai vraiment besoin de vivre. J’ai besoin de voir un Burundi sans autant de problèmes. Je rêve de voir un Burundi qui jouit de l’autosuffisance alimentaire, avec une économie faisant de lui un acteur fiable dans les échanges commerciaux internationaux.
Mais les cœurs chagrinés des Burundais ramènent mes pieds sur terre, je ne puis écahpper à la triste réalité et je ne cesse de me demander à quoi jouent nos dirigeants. Les pauvres sont sommés de clamer à tout bout de champ que le Burundi est le plus riche de toutes les nations.
On parlera des minerais qui vont booster l’économie du pays, alors qu’il n’y a même pas une vraie prospection. Le président Ndayishimiye s’est moqué des pauvres gens que le Burundi n’a pas besoin de devises : « Est-ce qu’avec des dollars, tu peux aller acheter des provisions au marché Cotebu ? » (un des marchés de la ville commerciale Bujumbura NDLR).

Comme si ces propos sortaient d’un laboratoire où les chefs vont s’abreuver d’une même inspiration, le président de l’Assemblée nationale venait, comme par magie, de dire la même. En effet, Daniel Gélase Ndabirabe avait lui aussi « minimisé l’importance des devises dans le pays ». Pourquoi cacher la vérité alors que l’on prie ?
« La vérité si je mens ! »
On se croirait dans la trilogie de Thomas Gilou !
Oubliant qu’il avait un jour lancé des mots qui, sans nul doute, s’étaient échappés de sa bouche, parce que digne d’un insensé _ oops, pardon Monsieur le président _ Ndayishimiye a ainsi avoué que le Burundi n’a pas suffisamment de devises pour les importations. Je me suis demandé comment un homme, un président de surcroît, ose dire une chose et son contraire.
Qui peut me dire comment le numéro 1 et son numéro 2, tous membres du Conseil des sages du parti au pouvoir, s’accordent pour mentir à la population, et se contredire le lendemain, sans sourciller.
La vraie vérité est sortie de la bouche du ministre des finances. Il a avoué que le Burundi gagne 17 millions de dollars américains pour les exportations, tandis qu’il a besoin de 105 millions de dollars pour les importations chaque mois. La vraie vérité, c’est ce déficit mensuel de 88 millions de dollars. Le danger est là. Demain nous risquons de manquer de médicaments, de carburant et d’autres produits pour de bon.
Comme si Alain Guillaume Bunyoni, locataire d’une forteresse dans la prison centrale de Gitega ( capitale politique), n’avait pas dit la vérité. Tel un prophète _ de malheur ?_, il avait dit que les Burundais devaient s’habituer au manque de carburant, se résigner à marcher à pied, « car le manque de carburant persistera ».
Voilà le vrai Burundi de Nava, incapable même d’épuiser l’argent reçu pour un programme, le Burundi qui sera autoproclamé émergent dans 16 ans (2040) et développé en 2060.
C’est ce Burundi que des diseurs de bonnes nouvelles comme feu président Pierre Nkurunziza et son Premier Vice-président, feu Térence Sinunguruza, avaient annoncé en 2010 lors de leurs fameuses croisades qu’il sera une puissance en 2030.
Heureux ceux qui y croient, mais…malheurs aux menteurs!
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