Makamba : des habitants dénoncent encore des conditions inhumaines de détention des leurs
Le cachot du parquet de Makamba (sud du Burundi) est aujourd’hui moins bondé, mais les détenus sont privés de tout droit. Les proches de ces derniers dénoncent des conditions insupportables ourdies par le procureur de province.C’est après que cette autorité ait été dénoncée pour corruption. Le concerné parle de rumeurs entretenues par les réseaux sociaux. (SOS Médias Burundi)
Ce sont des familles et des proches des détenus qui alertent sur les conditions de détention au cachot du parquet de Makamba.
« Ils sont détenus dans de mauvaises conditions, vraiment maltraités. Aucun détenu n’est autorisé à sortir du cachot quelle que soit l’infraction qui pèse à sa charge », se sont confiés à SOS Médias Burundi des proches des détenus.
D’après des sources locales, les choses ont empiré quand le procureur de province a été cité dans une affaire de corruption comme condition pour libérer des détenus.
« Alors que le cachot était plein à craquer et que le procureur soutirait de l’argent aux détenus, l’affaire a fait du bruit. Le cachot a aussitôt été désengorgé, mais le procureur a choisi de nous punir autrement », ont confié des détenus à leurs proches.
Entre autres virulence affichée par le procureur, il a été interdit aux détenus d’accéder à la petite salle d’accueil, personne n’est plus autorisé à cuisiner son repas, etc.
« On ne mange que le repas cuit amené par un membre d’un codétenu. Pas question de préparer nous-mêmes de quoi manger. Et pour ceux qui viennent des localités éloignées, ça devient encore plus difficile », se plaignent les détenus.
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En décembre 2023, des informations et photos faisant objet de détention dans des conditions inhumaines au cachot du parquet de Makamba ont circulé sur les réseaux sociaux. Il a été dénoncé que le procureur de Makamba Claver Sabushimike laissait la situation ainsi pour en profiter en demandant de l’argent aux détenus avant de les libérer.
Depuis, un grand nombre a été transféré à la prison centrale de Rumonge (sud-ouest).
Le procureur de province n’a pas encore réagi aux nouvelles allégations. Mais en décembre, il avait expliqué qu’il s’agissait de rumeurs entretenues par les réseaux sociaux.
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Photo d’archives : des détenus entassés dans une petite cellule du cachot du parquet de Makamba, décembre 2023
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