Burundi : le discours de Nkurunziza ressuscité pour attiser la haine contre le Rwanda (militants)
Au Burundi, des militants du CNDD-FDD (parti présidentiel) observent une nouvelle tendance depuis plusieurs jours. Le discours de l’ancien président Pierre Nkurunziza tourne en boucle presque dans toutes les réunions, grandes ou petites, du parti.Cela renforce la haine contre le Rwanda, estiment certains de ces militants. (SOS Médias Burundi)
Beaucoup de cadres du CNDD-FDD reprochent à l’actuel président Évariste Ndayishimiye « d’avoir détruit tout l’héritage de Nkurunziza » et de « s’être précipité pour normaliser les relations avec le voisin du nord ».
Que ce soit dans les rassemblements organisés par le secrétaire général du CNDD-FDD ou encore les représentants provinciaux du parti présidentiel jusqu’au niveau le plus bas, le discours de « Sogo » (ou encore grand-père, nom attribué à feu Nkurunziza) revient en force.
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« On nous repasse des extraits de discours où le président Nkurunziza déclarait que le Rwanda représente le mal pour le Burundi et qu’il ne faut jamais faire confiance aux Rwandais, « nos ennemis jurés », racontent des cadres du CNDD-FDD qui se sont confiés à SOS Médias Burundi.
Selon un cadre du parti présidentiel dans la nouvelle province de Bujumbura-Ouest, « Neva a détruit tout l’héritage de Nkurunziza ».
« Dans nos réunions et même dans des groupes WhatsApp, les discours de Nkurunziza reviennent et nous devons les acclamer chaque fois que nous les écoutons », disent des cadres du parti au pouvoir.
Le président a-t-il fermé les frontières avec le Rwanda pour plaire ?
Selon d’autres sources au sein du CNDD-FDD, plusieurs hauts cadres du parti dont des parlementaires se sont toujours opposés à la renormalisation des relations diplomatiques entre le Burundi et le Rwanda.
« C’est une décision qui a été prise à la hâte. Il n’était pas encore temps de renormaliser les relations avec le Rwanda, notre ennemi », soulignent-ils.
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Non seulement, ces cadres n’ont jamais digéré cette reprise des relations mais également dénoncent certains comportements du président Ndayishimiye qui, par exemple, a récemment déclaré qu’il ne comprend pas comment les Burundais peuvent dire qu’ils ont faim alors qu’il récolte des tonnes de pomme de terre.
« Aujourd’hui, le parti est divisé en deux camps : ceux qui restent fidèles à l’héritage de Nkurunziza et ceux qui soutiennent le président Ndayishimiye », expliquent des militants du parti présidentiel.
« Il a probablement accepté de fermer les frontières avec le Rwanda pour apaiser les esprits », ajoute un membre du CNDD-FDD.
« Les responsables du parti ont clairement indiqué que les Rwandais doivent être répertoriés », ajoute un autre membre du parti.
Les membres du CNDD-FDD qui se sont confiés à SOS Médias Burundi sont d’accord sur un point : même si Ndayishimiye ne le voudrait pas, il doit accepter que le discours de Nkurunziza soit ressuscité et se montrer virulent sur la question rwandaise pour « apaiser les esprits, reconquérir les âmes des militants de l’autre camp », « et surtout plaire pour garder son fauteuil ».
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Photo d’illustration : le président Neva, la première Dame Angeline Ndayishimiye et la veuve de Nkurunziza se prosternent devant le cercueil de l’ancien président burundais Pierre Nkurunziza avant son inhumation, le 26 juin 2020 à Gitega, la capitale politique
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