Burundi/attaque de Buringa : la ligue Iteka dresse un bilan plus lourd que celui du gouvernement

Burundi/attaque de Buringa : la ligue Iteka dresse un bilan plus lourd que celui du gouvernement

Le 25 février dernier, le mouvement rebelle RED-Tabara basé en RDC a revendiqué une attaque armée à Buringa. C’est en commune Gihanga dans la province Bubanza (ouest du Burundi).Alors que le gouvernement a parlé de neuf victimes dont un militaire de l’armée burundaise, la ligue Iteka elle vient de dresser un bilan de loin plus lourd. Elle parle de dix-neuf victimes dont neuf militaires. (SOS Médias Burundi)

La plus ancienne des organisations de la société civile au Burundi a publié le bilan dans son dernier bulletin hebdomadaire sorti ce mardi. Elle indique avoir mené des enquêtes pour éclairer l’opinion sur l’attaque rebelle du 25 février dernier à Gihanga.

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« La Ligue Iteka a continué sa documentation sur l’attaque pour identifier toutes les victimes et le contexte dans lequel elles ont été tuées », indique l’organisation.

Elle dresse un bilan plus lourd que celui reconnu par le gouvernement : dix neuf personnes tuées dont neuf militaires burundais et dix civils. Sept femmes figurent parmi les civils.

Pour étayer les résultats de son enquête, la ligue Iteka donne même les noms de toutes les victimes, dont ceux des militaires tués.

Déroulement de l’attaque

D’après la ligue Iteka, les combattants de RED-Tabara se sont installés un peu tard dans la journée du 25 février dans la réserve naturelle de Rukoko. Leur première victime a été Cyprien Nizigiyimana qu’ils ont battue à mort. C’était le gardien des chèvres du lieutenant-colonel Aaron Ndayishimiye. Le même jour, vers 22 heures, ces hommes armés sont sortis de la réserve de la Rukoko. Arrivés à Buringa, tout près de l’Eglise Méthodiste Libre, des militaires qui gardaient les lieux ont fui, les uns vers la permanence du parti CNDD-FDD et les autres vers la résidence de feu Émile où les membres de sa famille étaient en deuil, détaille le document.

C’est à ce moment que les rebelles ont ouvert le feu sur les militaires en fuite.

« Quatre militaires ont été tués à la permanence du parti CNDD-FDD, trois militaires et neuf civils chez feu Émile et deux militaires au dorsal à l’endroit appelé chez Badogo », ajoute la plus ancienne organisation de défense des droits humains dans la petite nation de l’Afrique de l’est.

La ligue Iteka précise que le corps du gardien des chèvres du lieutenant-colonel Aaron Ndayishimiye a été brûlé dans un véhicule de type Probox qui l’évacuait à la morgue.

Évacuation des cadavres et enterrement

D’après l’enquête de la ligue Iteka, les corps des victimes civiles ont été conduits à la morgue du DCA-passive se trouvant dans les enceintes de l’aéroport International Melchior Ndadaye avant d’être enterrés au cimetière de Mpanda et à l’église Méthodiste libre le 2 mars. Les corps des militaires quant à eux ont été enterrés à l’endroit appelé CECENI (même cimetière de Mpanda).

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Photo d’archives : des habitants constatent un camion qui a été incendié par des hommes armés à Buringa, le 26 février 2024

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