RDC (Kitumba) : des morts et des blessés dans les affrontements entre Red-Tabara et un groupe Maï Maï

RDC (Kitumba) : des morts et des blessés dans les affrontements entre Red-Tabara et un groupe Maï Maï

Au moins onze rebelles ont été tués et plusieurs autres blessés dans des affrontements qui opposent depuis ce lundi 25 mars les rebelles Maï Maï Biloze Bishambuke et les combattants de Red-Tabara (un groupe armé d’origine burundaise) qui, selon la société civile locale, sont en coalition avec un autre groupe Maï Maï Ngomanzito. Les affrontements se déroulent à Kitumba dans le territoire de Fizi, en province du Sud-Kivu à l’est de la République démocratique du Congo. Les rebelles burundais nient être impliqués dans ces hostilités qui concernent selon eux, deux groupes Maï Maï. INFO SOS Médias Burundi

D’après des sources au sein des assaillants, le bilan de ces combats est lourd.

 » Les Maï Maï Biloze Bishambuke dirigés par Hassan Mbakanyi ont perdu quatre personnes tandis que 18 autres ont été blessées. Du côté des Maï Maï Ngomanzito et Red-Tabara, ils ont perdu sept combattants « , confient nos sources. Elles se sont exprimées sous couvert d’anonymat par peur de représailles.

Les Maï Maï Biloze Bishambuke expliquent avoir attaqué le groupe burundais pour une seule raison : « montrer que nous ne collaborons pas avec le Rwanda ».

 » Nous voulons montrer aux populations congolaises que nous ne travaillons pas pour le compte du Rwanda et ne collaborons pas avec ce pays, encore moins les groupes qu’il soutient », indiquent des rebelles Maï Maï, dévoués au chef rebelle autoproclamé Hassan Mbakanyi.

Pour des sources proches des Maï Maï Biloze Bishambuke, ces derniers ont une autre raison même s’ils ne l’avouent pas.

« Au fait, il y a des informations qui font état d’une probable attaque imminente des militaires burundais et congolais sur les positions de Red-Tabara. Les Maï Maï Biloze Bishambuke qui ont souvent été accusés de collaborer avec ces rebelles burundais veulent donc montrer à la FDNB ( Force de défense nationale du Burundi) et aux FARDC ( Forces Armées de la République démocratique du Congo) qu’ils n’ont tissé aucune relation avec Red-Tabara », analysent-elles.

Interrogé à ce sujet, un porte-parole de Red-Tabara a indiqué à SOS Médias Burundi que  » nous ne sommes pas impliqués dans ces affrontements ».

 » Ces combats concernent deux groupes Maï Maï « , a-t-il conclu.

Au cours des trois derniers mois, les rebelles Red-Tabara ont mené deux attaques sanglantes dans l’ouest du Burundi. Les autorités burundaises restent persuadées qu’ils sont soutenus par le Rwanda. Ce qui les a poussées à fermer les frontières avec le Rwanda en janvier dernier, en signe de protestation. Kigali a toujours balayé d’un revers de la main ces allégations. Les gouvernements burundais et congolais ont signé un accord bilatéral permettant aux forces burundaises d’intervenir au Congo à la fois pour aider l’armée congolaise à combattre les groupes rebelles locaux et déloger les mouvements armés d’origine burundaise basés dans la province du Sud-Kivu, frontalière avec la petite nation de l’Afrique de l’est.

Mais les éléments de la FDNB dont la mission reste floue, peinent toujours à retenir les rebelles.

Le 26 février dernier, au lendemain d’une attaque qui a été revendiquée par Red-Tabara dans la zone de Buringa en province de Bubanza à l’ouest du Burundi, le premier ministre Gervais Ndirakobuca s’est déplacé dans la région et » a blâmé les habitants qui ne veulent pas dénoncer les rebelles alors qu’ils sont connus dans les familles locales ».

Red-Tabara est sur la liste des mouvements terroristes du gouvernement burundais. Les autorités burundaises veulent que le monde entier le considère ainsi. Elles ont récemment annoncé avoir ouvert deux dossiers pénaux pour les attaques de Gatumba ( Bujumbura) et Buringa ( Bubanza) qui ont emporté une trentaine de personnes et exigé l’extradition des leaders rebelles qui, selon elles, sont entretenus par le gouvernement rwandais.

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